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Patagonie en kayak de mer

Expédition de Christian et Mélusine en kayak de mer en Patagonie – 2009

Hielo Continental 2009, c’est 120 jours d’expédition en kayak de mer : première circumnavigation de la plus grande surface glaciaire continentale du monde, le fameux Hielo Continental.

Situé au Chili et pour une petite part en Argentine, entre 47° et 52° Sud, ce glacier gigantesque représente la troisième surface glaciaire mondiale. Il est bordé à l’est par des forêts, lacs, rivières et steppes patagoniques et à l’ouest par les fameux canaux du Pacifique, labyrinthe de fjords bouchés le plus souvent par des glaces cascadant jusque dans les flots.

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Une aventure entre science et défi sportif, dans le climat torturé de Patagonie, au sein de paysages inoubliables.

PARCOURS EN KAYAK DE MER :
Le trajet de l’expédition s’effectuera entièrement avec les kayaks Plasmor, même dans les parties terrestres. Evolution sur mer, rivières, lacs, glaciers, terre et steppe, pour plus de 2000 km de parcours. Le parcours correspond à une circumnavigation intégrale du Campo de Hielo Sur.

2009-10-Patagonie-kayak-carteSuivre l’expédition au jour le jour :

1 – Départ de l’expédition kayak en Patagonie
2 – Mélusine et Christian ont quitté ce matin Puerto Natales pour la partie kayak de leur aventure.
3 – Mai 2009 – Bientôt les glaciers
4 – Juin 2009 – vers Puerto Natales puis Punta Arenas.
5 – Accident
5 – Derniers jours

Départ de Puerto Natales (Chilli) vers le nord en longeant la masse glaciaire du Hielo Sur. Cette partie du trajet se fera en alternance sur des rivières, des lacs, la steppe, dans des forêts,et des passages glaciaires. Passage prévu par les villages Argentins de El Calafate, El Chalten et le village chilien de Villa O’Higgins.

Ensuite bascule par un haut col vers l’ouest, en rejoignant le village de Puerto Yungay. A partir de là, Christian et Mélusine entameront la descente vers le sud par les fjords des canaux du Pacifique, dans un isolement quasi total. Le seul endroit civilisé qu’ils rencontreront sera le village de Puerto eden, ultime lieu de vie des Indiens Alakalufs, aujourd’hui peuplé d’une centaine d’habitants en été.

De nombreuses incursions sur les glaciers sont prévues durant le trajet, dans les zones les moins accessibles et connues, où l’approche en kayak de mer est la meilleure, voir l’unique solution.

Cette expédition sera réalisée entre février et juin 2009, avec Mélusine Mallender, géographe, instructrice de plongée et passionnée de la mer.

L’expédition en quelques chiffres :
Vents : de 0 à plus de 200 Km/heure. Le plus souvent 50 à 100 Km/h
Températures : Entre 10° et -30° pour un Windchild allant jusqu’à -50°
Humidité – pression : proche de 98% et entre 960 et 1000 hpa
Précipitations : peuvent atteindre 200mm/jour.

Les buts sont variés :
Effectuer le tour intégral du Hielo Continental avec des kayaks, sur tous les terrains (mer, lacs, rivières, et en le tirant sur terre, glacier et dans les forêts) soit environ 2 200 kilomètres dont ¼ en le tirant,
Réaliser des missions scientifiques touchant à l’eau, la glaciologie, l’entomologie, l’archéologie et la physiologie, pour plusieurs laboratoires franco-chiliens,
Mieux comprendre et étudier l’espace de vie des peuples Indiens aujourd’hui disparus, les Tehuelches, nomades des terres et le Alakalufs, nomades des mers.
Hielo Continental 2008 : http://www.christianclot.com/

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Expedition Kayak en Patagonie (6)

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer
: « l’expédition Hielo Continental ».

Juillet 2009 – Derniers jours.

Bonjour à tous,
Depuis hier, nous avons rejoins notre appartement parisien, après plusieurs jours de trajet avec une centaine de kilo de matériel. La réalité reprend ses droits… l’expédition est maintenant derrière nous. Déjà les quelques moments les plus difficiles s’estompent pour ne laisser dans nos cœurs que la splendeur d’une expédition variée, aux rencontres riches et passionnantes.

Depuis des semaines, notre rythme était celui de la nuit. Elle a grignoté le soleil pour ne lui laisser que quelques heures d’espace. Après un réveil à 5h30, il nous fallait environ deux heures pour être prêt à partir. Manger, démonter le camp, charger nos kayaks, à lumière de nos lampes frontales.

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Être à l’eau dès les prémices de jour qui souvent se faisait attendre, caché derrière de lourds nuages et leurs rideaux de pluie. Naviguer de nuit est finalement devenu une nécessité pour s’assurer une plage de progression suffisamment étendue. Ces heures de nuits sont rapidement devenus un plaisir dans leur mystère d’où tous semblait pouvoir surgir. Le regard laisse place à l’écoute pour une nouvelle découverte de ce monde patagon qui ne cesse de surprendre par sa diversité.
L’après-midi était souvent le temps du dilemme : que faire en découvrant la première plage du jour vers 14h ?

S’arrêter alors qu’il nous reste encore 3 heures de visibilité et de progression ou s’arrêter dans le doute de ne plus trouver d’autres lieux avant la nuit. Notre regard c’est lentement modifié pour mieux lire ce terrain à priori hostile et savoir repérer les sites de camp, les courants, les animaux. La vie. Seul les vents nous sont restés totalement imprévisibles, particulièrement les mini tornades et plus encore les wiliwoo que rien n’annonce.

Cette aventure qui mille fois aurait pu se terminer hors de notre volonté s’est finalement achevée voilà quelques jours comme nous l’avions espéré : en débarquant sur une plage de Puerto Natales après une dernière journée très venteuse et une belle navigation, accompagné par quelques Flamands Rose. Loin d’avoir dompté les éléments, nous avons appris à nous fondre en eux, à nous laisser guider par eux. Les kilomètres parcourus resteront ainsi un détail de la réalité de cette expédition où les distances ne veulent rien dire, où seul compte le lâcher prise nécessaire à devenir l’un des éléments de cette nature.

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Et maintenant Paris, la France, la Suisse, ces « chez nous » dont l’étrangeté fabuleuse nous plonge dans un nouvel univers. Bonheur de la découverte, des voyages. Sans retour, point de nouveau départ. Les idées ne manquent pas. On le sait : apprendre, découvrir, ne sert qu’à se rendre compte de ce que l’on ne sait pas, de tous ce qu’il reste à explorer.

Merci à tous ceux qui ont suivi cette expédition Hielo Continental 2009, merci pour vos messages d’encouragements, merci à nos partenaires sans qui rien n’aurait été possible. Nous continuerons à vous informer des suites de cette expédition –un film et un livre devraient permettre d’en savoir plus sur ces milieux et notre parcours- et des projets futurs.

Christian
Paris, juillet 2009

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EXPEDITION KAYAK EN PATAGONIE (5)

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer. Partis le 20 février 2009 à la découverte de la Patagonie.
Récits de leur périple :

14 juin 2009 – Dernière étape
Nous voilà reparti depuis deux jours, dans le fjord Ultima Esperanza puis vers Punta Arenas. Un secteur important pour terminer notre aventure dans les terres des Tehuelches et des Kaweskars puisque à la transition entre les deux mondes. Ultima Esperanza et les lagos Skyring et Otway sont en effet les seuls endroits où ces deux peuples séparés par les montagnes ont pu avoir des contacts, puisque dans les fjords et à la limite de la Pampa. C’est aussi le territoire où vivait le fameux Mylodon, animal préhistorique dont un bout de peau possédée par la famille de Chatwin a donné envie à ce dernier de venir en Patagonie.
Il était important pour nous de terminer notre aventure par ces territoires, entre kayak et marche. Moins forestier, moins raides, les côtes offrent un paysage très différents que celui des canaux que nous avons connus jusque là. Seul la météo, pourtant normalement plus calme dans ces régions car protégées par les plus haute montagne, ne change pas pour nous : au creux d’une très forte dépression, suivie par une amie à elle, nous sommes soumis a des vents très violent, des températures plutôt basses et beaucoup de précipitation. Il a d’ailleurs fallu nous éloigner un peu avec une camionnette de Puerto Natales afin de ne pas nous faire voir par l’armée qui ferme le port presque en permanence ces temps, empêchant toute sortie de bateau, et donc de kayak.

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10 juin 2009 – Port fermé… encore de l’attente
Depuis hier matin, le port de Puerto Natales est fermé en raison de vents très puissants avec rafales à 60 noeuds… Cela commence à faire comme on dit. Nous qui nous étions préparé pour repartir au plus vite, nous voilà bloqué a Puerto Natales. Une situation qui risque de durer un peu, les prévisions pour ces prochains jours étant mauvaise, avec situation de risque de tempête, ce qui veut dire que le port restera fermé. Nous sommes inquiet vu les jours qui passent trop vite. Mais nous gardons espoir de voir la mer se calmer un peu, notre désirs de terminer notre aventure sur le kayak, de retrouver l’ambiance des canaux, ne serait-ce que pour quelques jours étant très fort….

07 juin 2009 Revers de fortune
Bonjour à tous,
Depuis un peu plus de quatre mois que cette expédition Hielo Continental à démarré, chaque jour a apporté son lot de surprises, de terrains variés et de découvertes. Dans la plupart des cas, heureusement, ce sont des moments positifs, forts, qui offrent un incontestable enrichissement. Sans doute également enrichissent, mais sur un plus long terme, les revers, problèmes et doutes viennent également émailler le cours d’une aventure comme celle que nous vivons actuellement. C’est ce qui c’est passé voilà quelques jours, avec un violent accident qui s’est soldé par la perte de l’un de nos kayaks, d’une partie de notre équipement, se terminant sans blessure grave pour nous, et donc, compte tenu des évènements, dans les meilleures conditions possible. En deux longs posts sur le blog http://christianclot.wordpress.com, vous trouverez le déroulé de cet accident du à un williwoo qui nous a surpris en pleine traversée d’un large canal.

Cet évènement survient sur la fin de notre parcours, alors que nous avions terminé la plus grande partie de cette découverte que nous voulions faire des mondes et modes de vies des Indiens terrestre Tehuleches et marins Kaweskars. Après quelques hésitations, nous avions décidé d’augmenter la distance de notre parcours, nous obligeant à une navigation journalière importante. La fatigue a-t-elle obscurcit notre jugement ? Peut-être. Comme toujours, après un accident qui survient en quelques secondes, avec un temps possible de décision réduit à sa portion la plus congrue, l’analyse à posteriori oblige à se poser de nombreuses questions.
Nous savions la météo changeante, mais donnée pour relativement calme pour encore deux jours, et rien, au moment de notre départ du matin, ne laissait présager l’arrivée de ces vents violents, et encore moins d’une rafale de williwoo. A quelques part, nous qui voulions expérimenter la vie et les difficultés de progression que pouvaient ressentir les kaweskars, nous sommes maintenant comblés, puisque ces williwoo étaient ce que redoutaient le plus les Nomades des mers, souvent fatal pour eux, et que nous n’en avions pas encore connu jusque là. Puisqu’il faut chercher le positif dans chaque situation, au-delà du fait que nous soyons tous les deux en vie et en bonne santé bien entendu, nous ne pouvons que nous servir de cette expérience pour réaliser, une fois de plus, l’incroyable vie que menaient les kaweskars dans des mers parmi les plus complexes du monde… Et admirer leurs capacités à y survivre, à y trouver plaisir et bonheur, à faire corps avec un milieu qui ne pardonne rien, mais offre tellement en retour. Car, incontestablement, excepté peut-être les dix premiers jours de découvertes où tous nous semblait au-delà de nos capacités, nous avons aimés chaque jour passé dans ces canaux et fjords. Une relation avec une nature sans cesse en mutation, qui oblige à une profonde intégration, qui offre des paysages et un sentiment de liberté hors norme. Une relation qui ne peut nous empêcher maintenant de vouloir repartir le plus rapidement possible, afin de terminer cette expédition dans les meilleures conditions possibles. L’analyse de l’état de nos équipements nous laisse encore quelques doutes quand à notre capacité à pouvoir le faire dans les délais qui nous restent, mais nous allons faire notre possible pour que cela soit le cas. Nous vous tiendrons bien entendu au courant de l’évolution des évènements.
A bientôt donc pour plus de nouvelles, merci à tous, Christian

6 juin 2009 – Malgré nous…
Après notre accident de mercredi 3 juin, les choses se sont un peu précipitées, contre notre volonté.
Une fois de retour à terre, la tente montée, nous avons pu faire le point sur notre situation. La perte du kayak de Mélusine et le stress de l’accident dus à un changement brutal de météo nous avait fortement affectés. Une grande part de notre nourriture, les équipements électroniques –dont le caisson les contenant avait été éventré- et de réparation avaient également disparu avec Lola, entraînés vers les fonds de plusieurs centaines de mètres à notre position.  Bien que peu brillante, notre situation n’était pas désespérée. Outre le kayak double de Christian, il nous restait tous les équipements de camp et de la nourriture pour dix jours, soit une vingtaine en nous rationnant. Mais plus que tous, excepté de fortes contusions dorsales et cervicales pour Mélusine ajoutées à une profonde fatigue, nous étions tous les deux là, vivant et sans blessure grave. Presque un miracle dans les conditions que nous avions subies. Nous avons donc pris la décision, selon le principe que nous nous étions fixé au préalable, de ne pas demander de secours et de poursuivre notre trajet avec un seul kayak, au moins jusqu’à un site où des pêcheurs auraient pu nous aider avec de la nourriture. Mais l’armada chilienne en a décidé autrement.  Une fois ce bilan effectué, nous les avons prévenus par téléphone satellite de l’incident et du fait que nous ne pourrions plus communiquer avec les bateaux faute de VHF. Ils nous ont demandé un bilan complet de la situation et nous les avons informé que nous allions continuer l’expédition. Puis nous sous sommes couchés pour nous reposer de nos émotions. Il était alors 14h30. Vers 16h00, dans un demi-sommeil, j’entends un bruit de moteur et de corne de brume. Je m’en soucie peu, des bateaux passant régulièrement dans le canal en signalant leur présence en cas de brouillard à l’aide de corne de brume. Je me recouche. Mais  au bout de 30 minutes, non seulement le bruit de moteur ne s’est pas éloigné, mais les coups de corne de brume persistent. Cette fois pleinement réveillé, je me décide à jeter un œil par la porte de la tente… pour me trouver « face à face » avec l’énorme masse du ferry Navimag, à une centaine de mètres de nous, ancre baissée, se maintenant péniblement dans les courants toujours violant.  Bien loin de sa route, il ne pouvait être là que pour nous… et depuis un petit moment déjà. Sans pouvoir communiquer directement avec lui, nous appelons l’Armada par téléphone. Nous nous sommes à peine présenté que le factionnaire nous intime l’ordre d’une évacuation immédiate. L’ordre vient du général directeur des opérations maritimes de Valparaiso. De loin, dans un bureau, après ce que l’on peut imaginer être le téléphone arabe de la remontée de l’information, cette décision est sans aucun doute justifiée. Pour nous, elle nous parait sans fondement et nous pensons à refuser cet ordre. Mais dans le canal, les hommes du ferry « Puerto Eden » de Navimag, malgré que le bateau continue d’être chassé par les courants, commence à descendre une barque de sauvetage. Plus pour ces hommes qui ont dérouté leur navire et sont maintenant prêts à venir nous chercher, nous rappelons l’Armada pour confirmer l’évacuation et que nous allons nous rendre vers le ferry par nos propres moyens afin d’éviter que l’équipage ne prennent des risques inutiles.

15 minutes plus tard, dans une mer qui s’est miraculeusement soudainement calmée, nous nous approchons de la masse imposante du Navimag, qui descend une échelle de secours. Je les vois déjà nous demander de monter à bord en abandonnant notre kayak et derniers équipements, ce que j’aurais refusé sans appel. Mais plusieurs hommes descendent la rampe, attrapent notre embarcation et, après nous avoir fait monter à bord, chargent notre kayak sur la rampe qui remonte.
Avec une amabilité sans faille ils prennent soin de nous, surpris de ne voir que deux personnes en bonne santé. Plus tard, le capitaine nous expliquera qu’ils ont reçu un ordre d’évacuation d’urgence pour une dizaine de personnes dont une fille gravement blessée. Une fois sur site, il a même du décider de couper ses instruments de communication, lassé de recevoir toute les 2 minutes des appels venant de Punta Arenas, Puerto Natales, Santiago et Valaparaiso lui demandant de rendre des comptes du sauvetage en cours. Un sauvetage qu’il ne voulait pas réaliser dans ces conditions et que nous n’avions pas demandé. Ceci dit nous ne pouvons que remercier avec chaleur la gentillesse et l’aide de l’équipage du Puerto Eden qui nous a accueilli à bord avec chaleur, après nous avoir mis à disposition une cabine et le mess des officiers pour nous restaurer.
Nous voilà donc à Puerto Natales, où nous devions arriver, avec un fort goût de tristesse et d’inachevé, même si cet évènement est survenu en fin d’expédition et que nous avions fait la majeure partie du trajet. Tristesse pour Le kayak disparu, pour ne pas être arrivé à Puerto Natales par nos propres moyens. Amertume pour ce « sauvetage » et les journalistes, nombreux à notre arrivée, en quête d’un sensationnel pour lequel ils ont été déçus. Aussi, après un peu de repos, nous allons sans doute repartir en kayak, afin de terminer notre aventure comme presque elle l’aurait du, assis dans un kayak jusqu’aux ultimes coups de pagaies. A suivre…

3 06 2009 – Accident
Hier, Christian et Mélusine se sont fait brutalement surprendre en plein milieu d’un canal par le Wiliwoo bien connu pour  ses violentes bourrasques tourbillonnantes atteignant plus de 150 Km/h. La houle s’est levée jusqu’à quatre fois leur hauteur et Lola, le kayak de Mélusine s’est vu soulevé et retourné pour finalement retomber et se casser à moitié. Mélusine réussi à se dégager et nager vers Christian qui pagayait vers elle pour la sauver, tout en essayant de ne pas se faire renverser aussi.

Ils ont pu atteindre un site de camp et c’est là qu’ils sont coincés actuellement. Le caisson contenant le matériel électronique de communication s’est cassé et à sombré, avec Lola..Heureusement le téléphone Iridium était dans le kayak de Christian. Il leur reste dix jours de nourriture.

Aujourd’hui, malgré la perte de leur cher Lola le moral est meilleur. Ils ont pu joindre les autorités qui veulent les récupérer, mais un site de pêche  se trouvait à 10 jours de navigation de là où ils se trouvent c’est vers cette option qu’ils se dirigent afin de pour suivre leur aventure. Contrairement à Lola qui a sombré, le kayak Kala est un biplace qu’ils peuvent donc utiliser à deux.

Pour le moment cependant ils ne peuvent pas bouger, la houle est toujours aussi violente.

© Hielo Continental 2009 – Christian.Clot
  => Le Blog de l’expédition Hielo Continental

Suivre l’expédition au jour le jour :

1 – Départ de l’expédition kayak en Patagonie
2 – Mélusine et Christian ont quitté ce matin Puerto Natales pour la partie kayak de leur aventure.
3 – Mai 2009 – Bientôt les glaciers
4 – Juin 2009 – vers Puerto Natales puis Punta Arenas.

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Expedition kayak en Patagonie (4)

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer
: « l’expédition Hielo Continental ».

Juin 2009 – vers Puerto Natales puis Punta Arenas.

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Notre navigation vers le Nord

La navigation vers le nord s’est plus ou moins divisée en deux parties. En montant vers le Nord, Nord Ouest, plus proche des accès direct à l’océan Pacifique, la reconnaissance s’est principalement axée sur les sites de vie des Indiens Kaweskars, qui occupaient plus volontiers ces secteurs. Une rencontre fortuite nous a beaucoup aidé à orienter nos recherches : une lancha de pêche, la seule que nous croiserons de tous le trajet, avec à son bord deux personnes dont Juan, l’un des derniers kaweskars. En passant deux jours avec eux, Ils ont pu nous indiquer des plages pas toujours évidentes à trouver, cachées au fond de baies peu visibles ou protégées par la touffue forêt magellanne.

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Au nord, l’étape au très difficilement accessible phare San Pedro nous a non seulement permis de nous reposer mais aussi de découvrir la vie de ces gardiens isolés du monde – une tradition qui s’est malheureusement perdue en France avec la fermeture il y a quelques années du dernier phare habité.
Seul un ponton s’avançant dans le Pacifique à plusieurs mètres de hauteur, surplombant des rochers de plusieurs dizaines de mètres de profondeur permet d’accoster à l’île. Une opération délicate qu’aucun bateau, sinon le ravitailleur de l’armée, ne s’amuse à entreprendre. Une petite folie avec nos kayaks, rendue possible avec la seule aide d’une météo soudainement clémente pour une matinée…

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Je préfère ne pas parler du départ, qui aurait pu se terminer avec la transformation d’un de nos kayaks (Kala) en nouveau concept de sous-marin miniature sans l’aide de deux des gardiens dont l’un n’a pas hésité à sauter à l’eau pour m’aider à retenir cette tentative d’échappée belle de Kala.
La seconde partie, en redescendant vers le Sud, a été plus axée sur les glaciers du Hielo Continental, dont de moins en moins arrivent jusqu’à l’eau des fjords. Le recul de la plupart de ces glaciers est époustouflant, et les roches portent les traces béantes et bien visibles de la rapidité de ce recul, atteignant pour certain 100 à 200 mètres par an. Un seul petit rebelle a décidé de dénoncer avec force cette diminution massive de la plus grande réserve d’eau douce continentale du monde puisque le glacier Pio XI ne cesse d’avancer avec un bon ratio… alors qu’il est situé à moins de 10 kilomètres d’autres glaciers en profond recul.

Cette petite anomalie positive crée un charmant mystère pour les scientifiques qui viennent enfin de se dire qu’une petite étude serait intéressante, malgré l’accès et la mise en place complexe de ces recherches. Malgré cette chronique d’une mort annoncée pour glace millénaire, ces glaciers restent des perles uniques, bien protégées au fond de fjords souvent difficiles d’accès pour nos kayaks en raison des forts courants tournants, ce qui nous a fait encore plus apprécier ces navigations, jalonnées de mini-icebergs, au pied de ces géants majestueux.

Notre plus grand ennemi n’aura finalement ni été le froid (oscillant autours de 0 à 2°C) ni l’humidité pourtant désagréablement omniprésente dans ces canaux (depuis 6 ans une station de mesure installée dans le fjord Iceberg a montré des ratios de précipitations annuelles de plus de 10’000 mm, l’une des plus forte au monde), mais la nuit. Une nuit qui peine le matin à quitter sont lit douillet bien calée au creux des canaux, augmentée encore par la présence quasi permanente d’une dense couche de nuages, et qui tente de venir le plus rapidement possible s’y recoucher. Joueuse, elle a rapidement fait de nous cacher les côtes –même en navigant au plus près- et par conséquent les rares lieux possible pour y construire un camp, même précaire.

Combien de fois il nous a fallu dans la nuit tailler dans les arbres un petit espace pour nous y blottir en attendant de pouvoir repartir à l’aube naissante. Combien de fois avons-nous vu défiler ces côtes sans y découvrir le moindre interstice, la moindre faille, ne serait-ce que pour s’arrêter pour assouvir un besoin naturel. Sans aucune notion des plages possibles, des ouvertures dans la forêt, nous ne pouvons nous fier à aucune carte pour cette recherche qui devient une obsession à mesure que la journée avance. Un état qui nous rapproche –de loin bien entendu- de la découverte de ces labyrinthiques canaux par les premiers navigateurs européens. Au moins sommes-nous ainsi persuadés que chaque plage où nous pouvons poser un camp a été occupée par des Kaweskars, qui devaient parfaitement connaître chaque lieu et la distance qui sépare chacun d’eux.

En arrivant à Puerto Eden, havre de repos pour nous, comme toujours toutes ces difficultés se sont estompées pour ne laisser que la splendeur de cet univers et des animaux marins ou aériens qui nous ont sans cesse accompagnés occuper nos esprits… et nous assurer de trouver le courage pour repartir rapidement vers Puerto Natales, vers encore plus de froid, de nuit et de forêt…

Mardi 2 juin 2009 – Vers le sud
Nous voilà depuis 2 jours repartis vers le Sud, vers la dernière partie de notre expédition. Une trentaine de jours sans doute pour rallier Puerto Natales, puis rapidement Punta Arenas. Les dates de notre retour en France en juillet ne obligent à accélérer un peu notre progression, et à effectuer un nombre de kilomètre par jour bien supérieur à notre moyenne journalière si nous voulons effectuer malgré tout des reconnaissances intéressantes. Un défi en soit, une nouvelle expédition, qui correspond sous cette forme à une autre partie de la vie des Kaweskars : lors de l’échouage d’une baleine, il fallait faire vite, très vite, pour avertir les autres canots et arriver sur les lieux avant que la viande ne soit trop avariée. De même lors de certaines chasses qui demandaient parfois plusieurs jours de course pour suivre les animaux. Ils étaient alors plusieurs par canots, apte à se relayer aux pagaies, un avantage sur nous –sans parler bien entendu de leur connaissance des lieux et adaptation au milieu- que nous compensons par un matériel à priori plus rapide avec nos kayaks. Nous ne pourrons que vous dire, dans un peu plus d’un mois, si nous avons réussi notre pari ou si nous sommes condamnés à rentrer en kayak jusqu’en France car notre avion est parti sans nous. Finalement, quelques milliers de kilomètres de plus ou de moins… L’ultime partie de notre périple, dans les montagnes de l’Est, vers des vestiges correspondant cette fois aux Tehuelches et qui devait compléter notre rencontre avec ce peuple devra être un peu reportée, sans doute à l’automne. Mais il est trop tôt pour cela.

Pour l’heure, après les avoir révisés aussi bien que possible, nous avons retrouvés nos kayaks Kala et Lola, les forêts indomptées, les paysages délurés, les nuits qui grignotent le soleil et les pluies qui nous accompagnent avec constance. Mais le nouveau froid, cette fois congelant, pourrait enfin les transformer en neige. Nos doigts que nous ne pouvons ganter pour pagayer s’en plaignent et nous le font comprendre de douleurs régulières, mais le reste de nos corps et équipement ne devraient pas s’en plaindre.
A bientôt depuis les canaux patagons !

© Hielo Continental 2009 – Christian Clot

=> Le Blog de l’expédition Hielo Continental

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Kayakafrika : Expédition kayak de mer en Guinée-Bissau

De retour de Guinée-Bissau, L’ethnologue explorateur Xavier Van Den Stappen, nous livre son récit de navigation en kayak de mer Belouga « Grand raid ».

Bissau, Guinée-Bissau, le 3 mars 2009 :
Parti de Casamance en kayak le jour du carnaval diola, j’ai atteint Bissau, la capitale de la Guinée-Bissau, le jour du coup d’état.

2009-06-Kayakafrica-Guinee-bateauEn juillet dernier, j’avais confié mon kayak de mer à Bruno Diata, ancien moniteur de voile qui a monté sa structure sur la côte sénégalaise, non loin de Cap Skiring. Je retrouve mon embarcation dans un état impeccable. Le soir, j’organise une projection du film réalisé en Casamance, il y a sept mois. Le sujet du documentaire aborde le double discours qui consiste d’une part à rassurer les touristes et à les convier à visiter la Casamance et d’autre part, la mise en avant des conséquences de la guerre civile pour bénéficier d’aides extérieurs. Le débat qui s’en suit est révélateur de cette opposition de langage. Il dérive rapidement sur le peu d’effort consenti par le gouvernement sénégalais pour désenclaver la Casamance, grenier du Sénégal et terre de tourisme.

Le 25 février, le kayak passe la barre et sa proue se dirige vers la frontière de la Guinée-Bissau. À terre, rien ne signale l’entrée sur un autre territoire. La baie de Sucajaque est encombrée de bancs de sable, qui, à marée basse, accueille quantité d’oiseaux migrateurs. À 30 kilomètres de Cap Skiring, les éperons rocheux de Varela offrent un repaire aux tortues marines. Seul le soleil couchant décide de la fin du spectacle. Je regagne la plage et plante la tente devant les baraquements d’un camp militaire.
Renseignements pris, les formalités ne se feront qu’à Bissau, la capitale, à 6 jours de navigation de la frontière.

2009-06-Kayakafrica-Guinee-caps-skiring

Le lendemain, je parcours 57 km en mer en 9 heures et demie. Le GPS a enregistré une pointe de vitesse à 19,5 km/h, sans doute à l’occasion d’un coup de vent dans le spi. Le kayak est équipé de voiles, de dérives et d’un gouvernail. Ce qui permet de mouvoir les 6,2 m de l’embarcation chargée de 300 kg à une vitesse raisonnable. À l’aide des seules pagaies, le kayak atteint une vitesse d’environ 4,5 km/h. À la voile, il passe la barre des 8 km/h avec un vent modéré. Mais voilà, le vent souffle dans le bon sens uniquement l’après-midi à la faveur de la renverse. Et puis le vent, s’il est gratuit et « renouvelable », il n’est pas pour autant garanti !

Passé le Rio Cacheu, la côte nord de la Guinée-Bissau est encombrée d’impressionnants bancs de vase alternés de zones de récifs et de roches affleurantes qui rendent la navigation difficile.
À 300 mètres du littoral, à peine 50 cm de profondeur. Les campements de pêcheurs sont rares et mieux vaut suivrent leurs indications pour rejoindre les trop rares plages.

Chaque jour apporte son lot de surprises.

Dans cet environnement extrême, chaque jour apporte son lot de surprises : des colonies de flamants nains, des dauphins, des tortues, des pélicans par dizaines, des vautours sur la cime des palétuviers, des chacals nettoyeurs de plages. En fin d’après-midi, en quelques instants, la mer d’huile se transforme en montagnes russes, lorsque le vent butte contre le flot de la marée descendante. Le clapot devient permanent, des déferlantes naissent en mer, parfois loin de la côte, confirmant la présence des bancs de sable.

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Un petit quart de lune pointe dans le ciel qui s’assombrit. Il est plus de 19 heures lorsque des pêcheurs m’indiquent une passe pour accéder à une plage cachée par des palissades de pieux. Pièges à poissons, ces installations permettent également une forme traditionnelle de pisciculture pratiquée dans des bras de mer organiquement enrichis par la vase née dans les forêts de l’intérieur.

Le lendemain, j’emprunte le canal protégé de la houle afin de doubler les îles de Jeta et celle de Pecixe. La nature est impressionnante. La mangrove omniprésente empêche tout accostage. Je m’enfonce dans la vase grise jusqu’au maillot.

Au village d’Ijante, je rencontre des Peuls qui partagent les lieux avec des Manjaks. J’apprends que dans leur langue « kayakafrika » signifie « je vais en Afrique ». Les Peuls musulmans pratiquent la pêche, les Manjak cultivent, récoltent les fruits et boivent le vin de palme.
Lorsque la mer se retire, une ceinture de vase de trois cents mètres encercle l’île. Ici, il faut attendre la marée haute pour repartir. Une occasion idéale pour découvrir le monde de vie et l’enclavement des populations des îles. Ce soir, du riz à la poutargue, les œufs de mulets et de courbines qui croisent ici en cette saison. Le fruit du baobab, offre le bui, une boisson épaisse et sucrée. Le soir, on prend du thé de feuille de quinkiliba. Il permettrait de lutter contre le diabète.

Vers le Sud, les îles vertes, plus belles les unes que les autres, se détachent de la surface de l’eau sombre et vaseuse. La lumière est si puissante qu’à quelques kilomètres, on croit voir vibrer les feuilles des palétuviers. Les vols de perruches, de calaos et de cigognes se détachent du ciel bleu azur. Un goût de paradis terrestre et aquatique à peine maîtrisé par l’homme.

Vers le Sud, les îles vertes, plus belles les unes que les autres, se détachent de la surface de l’eau sombre et vaseuse. La lumière est si puissante qu’à quelques kilomètres, on croit voir vibrer les feuilles des palétuviers. Les vols de perruches, de calaos et de cigognes se détachent du ciel bleu azur. Un goût de paradis terrestre et aquatique à peine maîtrisé par l’homme.

Après une semaine de navigation et 240 km parcourus en kayak, les antennes de relais de la capitale sont en vue plein Est.

Parti pour longer les côtes marocaines, l’expédition a généré des dizaines de rencontres aussi enrichissantes les unes que les autres. Ce voyage a également permis de dresser quelques constats sociaux et écologiques qu’il serait inconcevable de taire.
Xavier Van der Stappen.

Pour suivre les expéditions de Xavier Van Der Stappen :
http://www.kayakafrika.org/Guinee_Bissau.html

D’autres sites sur les expéditions de Xavier Van Der Stappen :
www.kayakafrika.org
www.cultures-com.org
Voir le site de l’exposition : www.senegal-la-mer.org
Crédit photo : Xavier van der Stappen

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Expedition kayak en Patagonie (3)

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer
: « l’expédition Hielo Continental ».

Mai 2009 – Bientôt les glaciers

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Lundi 4 mai 2009 – Un lieu incroyable

Depuis que nous avons repris la route, malgré beaucoup de mauvais temps et de pluie, nous avons plutôt été plutôt aidé par les vents qui se sont montrés relativement clément. Nous avons ainsi pu avancer avec une certaine régularité, nous permettant non seulement de bien progresser, mais de faire de très belle rencontre, comme José et sa Lancha et Juanm qui travaille avec lui, l’un des derniers kaweskars vivant.

Les animaux continuent de nous enchanter et, sinon l’humidité permanent qui s’est installée dans le moindre de notre équipement et les marées erratiques qui nous surprennent encore au milieu de la nuit, nous avons eu de splendide moment avec en point d’orgue notre arrivée ce matin au Faro San Pedro, au Sud du Golfo de Penas.

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Et maintenant… Les jours filent et nous voulons encore tant voir. Suite aux informations de Juan, nous allons redescendre par le canal Fallos, où existent sans doute des sites intéressant de la vie Kaweskars, puis ce seront les glaciers. Plus de temps de trajet que prévu, qui nous inquiète un peu sur la vitesse de régression à Puerto Natales, car nous voulons passer le plus de temps possible dans ces lieux les plus riches en découvertes.

L’aventure continue, avec un sentiment d’être entré cette fois pleinement au cœur de notre recherche. Elle nous a déjà transformé. Elle nous transformera encore (ne vous étonnez pas si on rentre nus avec de la graisse de phoque pour vêtement….)

A bientôt a tous, depuis l’île et le phare San Pedro.

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Mardi 12 mai 2009 – En route vers le sud

En route vers le sud et les sites glaciaires et des aires de recherche glaciologiques du Hielo Continental. Les températures sont de plus en plus basses et passent à la négative. Les vents sont très puissants et l’humidité constante. Les jours sont de plus en plus courts (descendus à 9h de lumière) et les sites de camps de plus en plus rares ce qui nous impose de parcourir de longues distances allant jusqu’à 40 km avec l’inquiétude constante de trouver un site de camp avant que la nuit ne tombe. Nous avons du, une ou deux fois, naviguer de nuit jusqu’à ce que nous en trouvions un, ce qui est une expérience éprouvante.
L’un et l’autre somment très fatigués à cause de ces grandes distances à parcourir dans le froid, le vent, l’humidité et le peu de repos. Nous avançons cependant et pensons être à Puerto Eden d’ici 15 jours.
Cette immersion totale nous fait mieux comprendre ce qu’a pu être la vie des Kaweskars.

19 mai 2009 – Le niveau de fatigue est extrême mais nous avançons.
Nous avons visité les premiers glaciers et navigué entre les icebergs(des blocs atteignant plus de 10 mètres en surface). Le temps relativement beau nous permet de profiter pleinement des paysages, très différents de ceux vu précédemment dans les canaux patagons. Nous sommes en retard mais nous parvenons à couvrir le programme que nous nous étions fixés. Le niveau de fatigue est extrême mais nous avançons et pensons être à Puerto Eden d’ici la fin du mois où nous pourrons nous reposer un peu.
Chaque jour amène le même lot d’incertitude, à savoir ce que nous allons trouver, quel genre de temps va nous accompagner, où nous allons pouvoir nous arrêter et combien de kilomètres nous allons devoir parcourir pour le trouver. Nul doute que ce sont les mêmes inquiétudes que les Kaweskars ont pu rencontrer.

Jeudi 28 mai 2009 – Enfin Puerto eden
Hier, nous sommes arrivé a Puerto Eden que nous avions quitté voila prés de 40 jours, après une boucle de près de 800 kilomètres dans les canaux du nord. Une expédition apporte toujours son lot de peur et de doute, mais aussi d’instants fabuleux et rares, de ceux qui restent gravé a jamais dans nos mémoires. Et ce trajet n’a pas fait exception. Le temps manque ici pour parler de l’émotion lors de la découverte des sites kaweskars, de l’intensité de passer juste sous la langue d’un glacier flottant ou de la peur soudaine de nos kayaks jetés contre un rocher par un soudain courant de williwoo… Mais qu’importe. Tout est gravé dans nos mémoires, et les récits viendront rapidement… Sans doute dans un mois, après notre arrivée à notre ultime étape, Puerto Natales….

© Hielo Continental 2009 – Christian Clot

=> Le Blog de l’expédition Hielo ContinentalMélusine et Christian

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Expedition kayak en Patagonie (2)

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer
: « l’expédition Hielo Continental ».

Mélusine et Christian ont quitté ce matin Puerto Natales pour la partie kayak de leur aventure.

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5 Avril 2009 – la partie kayak de l’aventure.

Ca y est ! L’expédition Hielo Continental 2009 vient de prendre un jour nouveau. Mélusine et Christian ont quitté ce matin Puerto Natales pour la partie kayak de leur aventure. Après la marche dans la Pampa et la montagne, ils ont enfin pu ce matin se lancer dans l’aventure sur la trace des Kaweskars, dans les canaux et fjords du Pacifique.

« Tôt ce matin, les kayaks ont été mis a l’eau… Cette fois c’est le départ, même le temps, plutôt clément, semble vouloir se mettre de la partie. Nous nous engageons pour 3 mois dans les canaux, avec Puerto Eden comme étape. A bientôt a tous, des nouvelles aussi souvent que possible sur le blog… »

Si quelques expéditions en kayak ont déjà été réalisées du Nord vers le Sud (sans jamais venir si bas au Sud), c’est la première fois que l’Armada de Puerto Natales voyait partir une expédition kayak au long cours. Aussi leur inquiétude était bien réelle au moment de donner le feu vert du départ. Le hasard veut qu’ils ne sont pas au bout de leur peine, puisque l’expédition d’Inti et d’Alexandre (Punta Arenas depuis le Seño Otway – Cahaique en kayak) qui va partir dans un peu moins d’un mois va aussi suivre la route du Sud au Nord. Comme nous passerons par des fjords différents, ces deux expéditions seront très complémentaires en terme des informations qu’elles pourront rapporter.

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Pour Mélusine, l’expédition qui est une découverte permanente va prendre un jour plus évident puisque la mer est un domaine qu’elle connaît bien. Ce sera aussi la première femme à effectuer un tel parcours, et cela n’a pas non plus rassuré les gentils machos de l’armada. Mais dès qu’ils l’ont admirés dans sa splendide combinaison de haute mer, ils ont comprit le sérieux de l’aventure… Pour Christian, qui pense à cette partie kayak depuis trois ans, lors du retour en kayak de son expédition solitaire en Cordillera Darwin, c’est la concrétisation d’un rêve.

Il ne reste plus qu’à espérer que les kayaks, très lourdement chargé de 45 jours d’autonomie, des équipements de montagnes et de mer ainsi que d’images vidéos et photographies tiennent le choc. Mais ces Bélougas de Plasmor ont déjà montré leurs résistances lors de plusieurs expéditions.

20 Avril 2009 – Seuls maîtres sont les vents et leurs harpies, les courants !
Les débuts ont été plus agités que prévu. Mais qu’est-ce qui peut être prévisible dans cet univers dont les seuls maîtres sont les vents et leurs harpies, les courants ? Dès les premiers jours, en cherchant un passage dans un canal très étroit aux violents courants tourbillonnants (de vrai siphon atteignant jusqu’à 14 nœuds) Christian s’est vu chavirer deux fois et emporter par les courants. La seconde s’est soldée par deux dents cassées, heureusement sans casse pour le kayak… Les conseils d’un dentiste plus tard (via Iridium, tiens ça sert tout de même ces trucs là ! merci M Vaysset) et nous repartions pour cette fois réussir le passage en question. Mais quelques jours plus tard, dans le canal Union, c’est au tour de Mélusine de s’être fait prendre au piège. Dans des courants déjà puissants, un rapide changement de vent l’a violemment drossée contre des rochers, arrachant la partie de dérive arrière de son kayak. Comme la chance ne nous quitte malgré tous pas, une plage proche nous a autorisé à nous mettre en sécurité où une réparation de fortune a pu être effectuée. Mais pouvait-elle tenir les plus de 30 jours de navigation jusqu’au prochain port, Puerto Eden ?

© Hielo Continental 2009 – Christian Clot

=> Le Blog de l’expédition Hielo Continental

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Expedition kayak en Patagonie

Christian Clot et Mélusine Mallender ont entrepris une expédition en marche à pied et kayak de mer, entre terre et mer. Partis le 20 février 2009 à la découverte de la Patagonie. Christian, nous livre les premiers récits de leur périple :

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« Nous voici au début de plusieurs semaines de marche, au début de notre aventure. Il y a deux jours, nous avons eu des vents de plus de 100 kilomètres heures, qui ont fait couler deux navires de pêches et qui nous ont fait si peur pour nos embarcations alors que nous roulions avec elles sur le toit de notre camionnette. El viento es el Rey comme le veux l’adage ici. Ils peuvent tous détruire, ils peuvent rendre fou, mais ils sont chez eux, et les habitants ont appris à les aimer. Ils vont maintenant souffler sur notre expédition, quotidiennement. Nous devrons, à notre tour, apprendre à les écouter, apprendre à les aimer, même dans ces moments où ils nous fouetterons de sable, retournerons nos chariots, augmenterons les vague. C’est ce Royaume des Vents que nous allons chercher…

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Plusieurs raisons qu’il serait un peu long d’expliquer ici, nous avons décidé de changer le sens de notre tour du Hielo Continental. Marches sans les kayaks dans les territoires Tehuelches. Après une recherche rapide, nous avons trouvé un lieu passablement sécurisé, dans un jardin intérieur fermé, pour déposer nos kayaks. Nous ne pouvons nier qu’en regardant la Bahia Esperanza qui borde Natales sans une ridule pour animer l’eau nous n’ayons eu envie de sauter dans nos embarcations pour débuter cette navigation qui nous attire avec force. Nous avons refreinés ce désir et avons bien enveloppé Lola et Kala (les kayaks de mer) dans une bâche. Cachés aux yeux du monde, ils vont attendre notre retour pour enfin trouver ces eaux qui les ont fait voyager jusque là.

Pour notre part, nous entamons la partie marche de notre périple, qui se fera en trois temps, dans trois paysages assez différents, tous en rapport avec le nomadisme Tehuelches. Une première partie de marche totalement au Nord du Hielo Continental, Dans les terres semi-arides des canyons Pinturas et Telken, dans lesquels de nombreuses peintures rupestres ont été retrouvée, dont la fameuse Cuevas de las Manos, classée au patrimoine mondial de l’Unesco.
Entre gorge encaissée, rios plus ou moins asséché, nous devrions avancer d’environ 300 kilomètres avant de rejoindre la seconde étape, au village d’El Chaltén. Une seconde étape presque entièrement montagne, autours du Cerro Fitz Roy, dont le vrai nom Tehuelche est justement Chaltén, « la montagne qui fume », qui était leur mont sacré. Nous en ferons le tour avant de continuer sur les glaces par le Hielo Continental.

Nous redescendrons alors dans la partie basse, jonchée de forêts tortueuses, les fameuses forêts patagonne et enfer du marcheur. Enfin, nous poursuivrons vers le Sud, pour passer par la réserve Tehuelches, le dernier lieu de vie des Indiens qui préserve avec peine une partie de leur culture passée. Nous rejoindrons alors Puerto Natales, où nous débuterons la partie marine, dédiée aux Kaweskars, sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir…

© Hielo Continental 2009 – Christian.Clot
=> Le Blog de l’expédition Hielo Continental

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3 mois de voyage SANS pétrole !

1 homme, 3 véhicules autonomes, 6000 kms de Bruxelles-Paris à Dakar, 3 mois de voyage : SANS pétrole !

2009-01-No-OilDébut février, Xavier Van der Stappen, ethnographe, auteur, conférencier, spécialiste de l’Afrique… se lancera pour la première fois sur les traces du Paris-Dakar, mais dans une démarche éco-citoyenne et à bord de véhicules n’utilisant pas de carburant : un kart à voile/vélo couché, un kayak à voile et un VEAH (véhicule électrique à assistance humaine).

Depuis 2004, Xavier Van der Stappen longe les côtes de l’Afrique à bord d’un kayak à voiles (Belouga 2 Grand raid ralongé de 6,20 mètres Charge 300 Kg équipé de 2 grand voiles, d’un foc, d’un spi, de dérives relevables, d’un gouvernail à palonnier).
Parti de Gibraltar, il a atteint la Guinée-Bissau après avoir parcouru le fleuve Sénégal et les estuaires du Saloum, de Gambie et de Casamance. Retrouvez son aventure Kayakafrika.

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Par la suite, de février à son retour mi-avril, Xavier Van der Stappen tiendra un carnet de bord sur son site web , photos et vidéos à l’appui.

Plus d’informations auprès de Cultures & Communications (Tél : 0478 236 785)

la vidéo de l’expédition

RTL info – Videos – ecologie
envoyé par tirlipinpon666
SUIVRE SON EXPÉDITION SUR :
Le site www.parisdakarnooil.org

Le blog http://parisdakarnooil.over-blog.com

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Tour des Highlands en kayak

Septembre 2008, Patrick Ferrando et François Chouvellon réalisent la circumnavigation des Highlands au Nord de l’Ecosse : 20 jours de navigation hors du temps…

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Si l’Europe possède encore une nature sauvage à l’état pur, il faut la chercher dans les Highlands. La rude beauté des montagnes, le silence des champs de bruyère, les indescriptibles horizons, la côte excentrique, et bien sûr…la mer. Lumineuse ou sombre, bien lunée ou en colère, en tout cas farouche et vivante, la mer d’Ecosse est un terrain de jeu fabuleux pour le kayakiste de mer.

Il faut aller voir cette région au moins une fois dans sa vie, ce décor sans fin où tout s’oublie…
Mardi 2 septembre, nous posons avec impatience nos frêles esquifs sur une mer calme et accueillante, le Loch Linnhe se vide et le courant nous entraîne vers l’ouest, vers l’inconnu, vers une aventure qui va incontestablement marquer nos vies…

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Nous tournons désormais le dos à Fort William, le rendez-vous est donné dans quelques semaines, d’ici là il va falloir aller de l’avant.

Nous savons que septembre est un mois délicat pour la réalisation de cette boucle, plus nous traînons et plus nous nous exposons à des risques de mauvais temps et à l’arrivée des tempêtes d’automne. Nous sommes conscients qu’il faut aller vite, exploiter au maximum les fenêtres météo, grignoter des kilomètres dès que cela est possible, et ainsi mettre toutes les chances de notre côté pour limiter ces longues négociations terriennes et désespérées avec le vent…
Nous bénéficions les premiers jours d’une météo assez clémente et d’un itinéraire sud-ouest relativement protégé du large.

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Ainsi, nous sommes souvent partagés entre l’envie de prendre de l’avance pendant que la mer nous laisse le champ libre et la peur du problème physique; Car ce dont il faut se méfier le plus, ce sont ces traumatismes insidieux et latents de type articulaire ou tendineux qui une fois déclarés sont irrécupérables.
Nous faisons doucement connaissance avec le pays, sa beauté, sa rusticité. Nous rencontrons le vent, un compagnon d’infortune très présent ici. Lorsqu’il se lève, l’ambiance change, tout devient plus sinistre, plus agité, plus sombre. Vent et kayakiste n’ont jamais fait bon ménage et dans ces moments là je ferme ma capuche et m’isole de cette tourmente, je me déconnecte de la réalité et rejoins un monde imaginaire.

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On peut vite se sentir persécuté par ce vent et vivre difficilement sa présence mais si l’on ne peut pas changer les choses, on peut, par contre, changer sa façon de les percevoir. Quant il souffle, c’est qu’il s’en va combler un vide quelque part, il fait juste son travail, il n’y a rien de personnel. Tout comme la mer et ses courants, ses déferlantes, ses caprices,…ce n’est pas un monstre qui cherche à t’engloutir dès que tu as le dos tourné, elle fonctionne d’une façon tellement rationnelle, tellement naturelle.
Et nous, on est là au milieu, on a décidé d’y être. Avec nos petites appréciations, objectives ou subjectives, notre expérience, nos prises de décision, notre responsabilité…
La nature ne doit pas être perçue comme une ennemie et ce genre d’aventure n’a rien à voir avec une confrontation : il ne faut pas aller contre, il faut aller avec.

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Vertige d’une navigation engagée :
Au 8ème jour le constat est plutôt positif : nous avons réussi à naviguer tous les jours depuis notre départ. Chaque coup de vent nous a cueilli dans nos dernières heures d’effort et grâce à une moyenne d’environ 50km/jour nous sommes aujourd’hui à deux pas du cap Nord-Ouest : le cap Wrath. Il marque le mi-parcours de notre périple. Mais ce soir, nous sommes sous la tente assez tôt, pluie et fort vent d’Est nous impose un peu de repos.
9ème jour : Le coup de vent que l’on a pris hier sur la fin de notre navigation est passé. Ce matin, seule une petite brise de secteur Est persiste. Plus de pluie non plus mais un lever de soleil calme et reposant.

Nous plions le camp et embarquons avec prudence en attendant de découvrir ce que nous réserve la météo. Nous rasons la côte sous le vent pendant les deux premières heures. Vers le nord le ciel est encore bleu mais derrière nous tout est noir et l’obscurité gagne du terrain. Nous passons tranquillement le dernier petit cap, puis soudain il se dessine, majestueux, plein nord, à moins de 10 milles : le Cap Wrath. Une longue houle résiduelle de secteur ouest provoque de bons rouleaux sur la plage de Sandwood bay, le dernier endroit où il est possible de débarquer avant le cap. Au delà, ce ne sont que des falaises escarpées.

Déjà les nuages noirs sont sur nous, la pluie commence à tomber et le vent tourne sud. La brume nous masque maintenant le cap… il fait de plus en plus sombre, le vent forcit.
Faut-il tenter un débarquement sport sur cette dernière plage pour nous mettre à l’abri, ou faisons-nous le pari du cap dans des conditions incertaines ?

Je crois que l’engouement du défi autant que l’excitation de franchir dès aujourd’hui ce promontoire nous empêche de débarquer et puisque le vent et le courant sont avec nous, alors pourquoi pas ? Objectivement quels sont les risques ? Que le vent forcisse au-delà de 7 beaufort ? Fort peu probable !

Je réajuste mon buff jusque sous les yeux, je ferme la capuche sur laquelle la pluie résonne et nous prenons plein nord en direction du cap le plus exposé d’Ecosse. Le vent siffle dans nos oreilles et notre destination reste invisible à travers ce brouillard. Je regarde du coin de l’œil les derniers morceaux de plage sur lesquelles de gros rouleaux déroulent… Je connais ces moments de prise de décision, de choix, ces mélanges de peurs et d’incertitude, mais je sais aussi qu’en franchissant ses barrières psychologiques, cela me procure une exaltation sans pareil qui me fait grandir.
Mais est-ce bien raisonnable ? La question restera sans réponse…

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La Corse en la Sardaigne en kayak

Photoreportage du Tour Corse Sardaigne en kayak de Sylvain De Maïo

2008-08-Corse-Sardaigne-kayak-insolite

Sylvain de Maïo vient de nous envoyer ses magnifiques photos. Les voici donc avec son retour d’expérience sur son tour de Corse et Sardaigne arrêté un peu trop tôt à cause d’une météo capricieuse.

Sylvain de Maïo : « Oui mais alors, la suite ? Eh bien il reste encore du chemin à parcourir, et pour moi cette expédition n’est pas terminée. Je reviendrai donc à Portoscuso début mai pour finir le parcours jusqu’à Bastia.
Et si je n’ai pas eu droit à l’immense joie d’arriver à Bastia pour boucler cette expédition en une fois, il en ressort que la difficulté de cette première expédition (et expérience en kayak) constitue à mes yeux une formidable expérience. Apprendre à lire la mer, à observer les petits signes qui annoncent de grandes choses, à se défoncer physiquement quand il faut, mais aussi l’absolue nécessité de prendre les bonnes décisions. Et puis que de rencontres formidables !

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Au début de l’aventure, vers le Cap Corse, un pêcheur professionnel était venu m’accoster en mer avec son pointu. Au cours de notre bref échange, il m’a dit : « ce n’est pas la bonne année pour faire ton tour mon gars ! ». A sa manière, il avait raison.
Les conditions exceptionnelles rencontrées cet été et cet automne en Corse-Sardaigne (fréquence et durée des coups de vent, grande instabilité en Sardaigne) ont été un bon « test », alors cette première expérience est un bon passeport pour entrer dans le monde du kayak, car il me reste tout à apprendre.

2008-08-Corse-Sardaigne-pause-kayak

Le kayak, c’est comme le vol à voile ou l’alpinisme, on apprend constamment. (Il y a vraiment des similitudes entre le vol en planeur, et la navigation en kayak, c’est une impression que j’avais très souvent en mer).

Ce break forcé n’a pas que des inconvénients, il me permettra de repenser certaines choses, avec comme exemple quelques résolutions à la volée telles que :

– Revoir le chargement du kayak en bannissant certains sacs sur le pont (oui, oui, je sais…),
– Probablement revoir encore un peu le chargement final obtenu ci-dessus 🙂

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Donc l’aventure n’est pas terminée, et ce n’est pas encore l’heure du bilan de l’expé, mais j’en profite pour vous remercier très sincèrement toutes et tous pour votre générosité, vos invitations, votre curiosité, lorsque nos routes se sont croisées. Alors à très bientôt ! »

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Corse et Sardaigne en kayak

Le tour de Corse et de Sardaigne en kayak de mer de Sylvain De Maïo.

2007-10-Corse-Sardaigne-Arbatax

Sylvain a rencontré des conditions exceptionnelles cet été et cet automne 2007 en Corse-Sardaigne. Fréquence et durée des coups de vent en Sardaigne l’ont contraint a un break forcé.

« Au début de l’aventure, vers le Cap Corse, un pêcheur professionnel était venu m’accoster en mer avec son pointu. Au cours de notre bref échange, il m’a dit : « ce n’est pas la bonne année pour faire ton tour mon gars ! ». A sa manière, il avait raison. Et si je n’ai pas eu droit à l’immense joie d’arriver à Bastia pour boucler cette expédition en une fois, il en ressort que la difficulté de cette première expédition (et expérience en kayak) constitue à mes yeux une formidable expérience. Apprendre à lire la mer, à observer les petits signes qui annoncent de grandes choses, à se défoncer physiquement quand il faut, mais aussi l’absolue nécessité de prendre les bonnes décisions. Et puis que de rencontres formidables ! »

Mais ce n’est que partie remise pour Sylvain qui décide de « boucler la boucle » en 2008. C’est donc en Mai 2008, qu’il repart à l’assaut de la mer en kayak de mer Belouga 1 monoplace.

2007-10-Corse-Sardaigne-cap-comino-kayak

Lundi 19 Mai : c’est reparti
Ah, ça y est ! Excitation du départ. Il pleut, la visibilité est mauvaise. Il y a un petit flux d’ouest qui devrait forcir dans quelques heures (force4-5 beaufort), donc je file. Passé le littoral sablonneux menant à la Punta s’Aliga, je prend la direction de la Punta Trettu. L’ambiance change. J’essuie un premier grain, puis 20 minutes plus tard un deuxième plus conséquent (pluie très forte, bourrasques, vagues très rapides, …).Bon, on continue. En arrivant vers cette fameuse pointe qui permet l’accès à une sorte de grand lac ou d’étang, je me rend compte qu’il y a très très peu de fond (20 cm). A certaines reprise je navigue, poussé à bonne vitesse par le courant, avec les algues qui frottent la coque! Je serre les fesses en espérant qu’il n’y ait pas une petite pointe qui dépasse du lot…

2007-10-Corse-Sardaigne-bivouac

LE BILAN EN CHIFFRES DE SYLVAIN :

J’ai effectué le tour des deux îles en 62 étapes : 25 pour la Corse et 37 pour la Sardaigne.
La plus grande distance parcourue : 67km en 8h30 de navigation.
Je suis resté bloqué en tout un peu plus de 60 jours.
Quelques exemples : 4 jours à la marine de Giottani, 4 jours sur la plage de Lotto, soit déjà 8 journées sans naviguer sur les 12 premières passées en Corse…7 jours à Bonifacio…3 jours vers Asinara, 3 jours vers su Pallosu avec Wendy, 10 jours à Portoscuso toujours avec Wendy, 8 jours à Capo Malfatano, etc, etc… (Cela fait déjà 39 jours).

Les ¾ de ces journées n’étaient pas navigables avec des vents d’au moins 6 beaufort.

Le ¼ restant est dû à la houle trop importante, à des conditions encore trop limites en solo après un coup de vent, et certaines journées qui auraient certainement pu être navigables mais où le doute inspirait encore un peu de prudence. Et par définition quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas un temps « de demoiselle » ! Lorsque l’on on se trouve sur la côte Ouest de ces deux îles et qu’il souffle du Ouest Nord-Ouest d’au moins 6 beaufort, eh bien on va se promener…

Nombre de demi tours :
En Corse : 3
En Sardaigne : 5
L’Italie gagne la coupe.

Quelques chiffres sur la météo :
Le record de vent mesuré à terre durant l’expé : plus de 60 nœuds de Nord Ouest à Portoscuso
Le record de hauteur de vagues observé de terre : houle de 5m à Portoscuso
L’Italie gagne la coupe

Pas mal non plus : 10 beaufort de Sud Est, ce fameux Sirocco qui nous amène du sable (plus de 110km/h) à Capo Malfatano, à deux reprises dans la même semaine, entrecoupé par du 7 beaufort d’Ouest…

Pour le reste, cela oscille entre 40-50km/h et 80km/h.

Les « records » en situation de Navigation :
7 beaufort (et très certainement 8 beaufort ponctuellement) de vent d’Est en régime de fuite vers la pointe Li Francesi mais heureusement pendant ¼ d’heure (ce qui est très long…). J’ai arrêté de mesurer et rangé mon anémomètre avec du 6 beaufort bien tassé. Vu comment cela a encore forci juste après… Je n’ai pas vraiment envie de revivre cela dans l’immédiat…
5/6b avec des rafales à 7/8b de Nord Est (effet venturi très violent) après Capo Argentiera. 7km très intenses en rasant les rochers. Impressionnant mais moins dangereux (vent de terre et de face) que la pointe Li Francesi.Vagues de 2 mètres qui déferlaient dans un flux de Nord Ouest de 5 beaufort vers Santa Marigosa (avant le cap Mannu), le tout forcissant petit à petit. 1 heure de navigation là dedans dans un régime de ¾ avant puis plein travers…
A contrario : mer d’huile, zéro vent le matin et quasiment pas de brise la journée. C’est arrivé deux fois. Mais comment est-ce possible une chose pareille! 🙂
Température minimale : 2/3 degrés avec beaucoup de vent de Nord vers Spiranza fin octobre
Température maximale : un peu plus de 35 degrés à l’ombre début juillet en Sardaigne
© Crédit photo et récit Sylvain de Maïo

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Kayakafrika : L’homme et la mer

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Depuis l’été 2004, Xavier Van der Stappen longe les côtes de l’Afrique à bord d’un kayak de mer. Il ne s’agit pas d’une expédition sportive, ni d’un exploit, Xavier utilise le kayak pour aller à la rencontre des populations locales. Le but est d’aborder sur le terrain les relations qu’entretiennent les Africains avec la Mer. À la navigation côtière s’ajoute la descente du fleuve Sénégal et l’exploration des estuaires du Saloum et de la Casamance, vastes zones parcourues durant de longs mois. Pour Xavier, l’avantage du kayak reste sa grande capacité de chargement (350 kg) et sa fiabilité en mer, son impact environnemental réduit, sa discrétion auprès des populations.

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« À l’aide du Bélouga biplace rallongé équipé de voile , je pars en autonomie totale pour un mois. A bord, j’ai 80 litres d’eau et un bidon étanche pour la nourriture placé dans le cockpit avant, le caisson de proue reçoit le matériel de cuisine, à l’arrière tout le matériel de couchage, la tente, les vêtements, au centre, ingénieusement situé, le caisson central avec tout mon matériel de prise de vue photo et vidéo et d’enregistrement son et la réserve de cassettes, sur le pont, pratiquement rien en dehors du matériel indispensable : pagaie de rechange, 3 litres d’eau, gps, jumelles étanches, appareil photo, biscuits… Sous voile, le kayak croise jusqu’à plus de 15 Km/h ce qui peut est très utile en expédition».

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Kayakfrika, c’est aussi une série de livres sur les peuples côtiers d’Afrique, des documentaires vidéos et de nombreuses expositions. La prochaine se tiendra à la fois à Paris et à Dakar en octobre 2007. L’exposition « Sénégal, l’Homme et la Mer », à été présentée à l’Aquarium de la Porte Dorée à Paris, elle aborde les enjeux environnementaux au Sénégal, un pays où la mer nourrit une bonne partie de la population.

En près de 3 ans, Xavier a utilisé un Bélouga II , un Bélouga I à voile , un Bélouga II Grand Raid de 6,5 m à voile. Il navigue actuellement sur un Pelikan pour l’exploration des estuaires.

2007-07-Kayakafrica-livre

www.cultures-com.org
www.senegal-la-mer.org
www.kayakafrika.org

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KAYAKAFRIKA – test du kayak monoplace Belouga Pélikan et du Skellig M

25 JUILLET 2007, GOLFE DU MORBIHAN

Un soleil timide perce les nuages. Je suis venu tester le Belouga Pélikan destiné à l’Afrique. Voilà trois ans que je suis engagé dans le tour de l’Afrique en kayak de mer. Explorant les côtes, les estuaires et les mangroves. L’étape sénégalaise a été plus longue que prévue. À la descente du fleuve Sénégal, j’ai ajouté l’exploration systématique des estuaires du Saloum et de la Casamance. Le but est de monter une exposition sur les enjeux liés à l’activité de pêche au Sénégal (www.senegal-la-mer.org)

2007-07-30-Kayakafrika-test-belouga-pelikan Pour cela, outre le gros-porteur qu’est le Belouga 2 rallongé d’expédition chargé jusqu’à 300 kg, j’utilise un Belouga monoplace pour les trajets de liaison et comme annexe au catamaran de base, un Edelcat 26, qui mouille depuis une année au Saloum. (Voir Voiles et Voiliers, n°435, mais 2007).

Un peu de vent de travers et le kayak file vers l’île aux Moines.

2007-07-30-Kayakafrika-test-pelikan2Le Pélikan offre bien plus de place. C’est devenu le monoplace dont on rêvait. Assis, on peut replier les jambes et monter à bord se voit facilité. Enfin un kayak de mer pour les plus de 100kg et plus d’un 1,8 m. Il est équipé d’une voile lattée et d’un foc d’une surface supérieure à ceux d’origine. Plus il est chargé, plus il est stable et plus on peut déployer les voiles pour filer dans n’importe quelles eaux. Trois trappes permettent d’avoir accès à l’essentiel sans mettre pied-à-terre. Placée juste derrière l’hiloire, une trappe ronde permet l’accès à une réserve de nourriture, un vêtement, un appareil photo ou une caméra. Avec ses couleurs Kayakafrika , il est prêt pour de nouvelles aventures.

Dans le Golfe, face au vent, il trace sa route vers l’île Böedic au départ du Passage. Ses formes généreuses n’empêchent pas de pagayer et la prise au vent ne le détourne pas du cap grâce au gouvernail. Sa stabilité est accrue et sa vitesse assurée par le profil de coque inchangé. Bravo à l’équipe de l’atelier !

26 JUILLET 2007, POINTE D’ARRADON, 14 DEGRES, PLUIE FINE.

2007-07-30-Kayakafrika-test-skellig-m14 heures, Dominique débarque sur le quai . Il veut nous faire découvrir les fameux Skellig. En un quart d’heure, nous sommes à bord, toutes voiles dehors. Aujourd’hui, nous testons le Skellig 2 à moteur équipé d’une voile au tiers.

Il se manœuvre assis derrière la cabine à l’abri des embruns, le volant du moteur en main servant de gouvernail. Nous tirons des bords entre Arradon et l’île d’Arz.

2007-07-30-Kayakafrika-test-skelligmEn fin d’après-midi, c’est à bord du 2 mâts que nous naviguons. Au premier bord, avec un vent en rafale de sud, une seule voile établie sur les 2, nous atteignons les 7,2 nœuds au gps en remontant à 45° vers l’île aux Moines. Le ciel est gris, la pluie s’annonce, un vrai temps d’hiver. Depuis le habitacle, couché sur les matelas confortables, j’imagine voguer en pleine mer vers le Nord, vers l’Irlande, là où les îles Skellig pointent au large, repère des oiseaux de mer et vestiges d’un monastère chrétien du 6ième siècle. Mais nous sommes dans le Morbihan, ce merveilleux plan d’eau jamais pareil et qui offre bon nombre de programmes de navigation.

Xavier Van der Stappen

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