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4 gars en Belouga en Alaska

En janvier, Fred arrête ses études, Tristan arrête ses études, je finis mon boulot dans le sud, alors nous dégotons tous les trois un boulot en travaux acrobatique à Paris. Naturellement, nous demandons l’hospitalité à Benoît mon frère qui fait une école « à la capitale » !


Tout a donc commencé dans cette chambrette étudiante de 10 m², où nous vivons désormais a 4. Rapidement, pour nous les montagnards friands d’espace et de nature, la monotonie et l’étouffement s’installent et les rêves de voyage nous permettent de nous évader un peu.

Depuis longtemps nous avions ensemble ce désir commun de rencontrer le grand nord ; mais nos études diverses ne nous autorisaient plus à entreprendre cette aventure. Hors à la veille de notre entrée dans la vie active, l’opportunité s’offre à nous, il ne faut pas la laisser passer ! Nos discutions nous conduisent en Alaska, et nous décidons que le kayak sera notre moyen de transport pour une aventure de deux mois sur mer en autonomie complète.

Après de brève recherche, nous jetons notre dévolu sur les kayaks de mer PLASMOR car « ils sont les compagnons de plus de 90 % des expéditions Françaises ». La gamme Bélouga nous séduit car elle tolère des charges maximales, en alliant une stabilité et une vitesse exceptionnelle. Nous exposons nos projets et établissons un partenariat autour de ce voyage.

Le 30 juin, nous décollons avec nos bateaux, et l’aventure commence déjà ; effectivement, ce n’est pas une mince affaire d’embarquer des kayaks de ce gabarit dans les soutes.


 
En Alaska, nos bateaux sont vite apprivoisés et nous permettent de transporter un maximum de matériel nécessaire pour notre itinérance de deux mois loin de tout et de tous. Nous ne connaissions pas leur réaction à la charge, ni au courant, ni au vent ; hors après quelques jours sur l’eau, la confiance s’établie !

« Ca fait du bien de se retrouver sur nos kayaks, on y est bien, tranquille, qu’il pleuvent ou qu’il fasse beau, une fois dans nos bateaux, on est peinard ! On bouffe du paysage, et on a du temps pour réfléchir. En fait, c’est comme un endroit calme, c’est reposant. C’est aussi un endroit privilégié pour les discussions à deux, c’est vraiment un bel engin ce kayak. »

 

Nous quittons Valdez, le 12 juillet pour 45 jours loin de toute forme de civilisation ! Nous avons acheté un sac de riz supplémentaire pour enrichir nos maigres rations quotidiennes de purée et de nourriture lyophilisés. Il est 16 heures quand nous donnons les premiers coup de pagaie en direction de l’ouest. Deux heures plus tard, nous nous arrêtons malgré nous sur une plage de fortune, le vent trop puissant forçant l’arrêt !

4 gars en expédition kayak en alaska

Ensuite pendant quarante jours, nous pagayons à travers des paysages variés et toujours grandiose fait de vert et de bleu, de vent et de soleil, de pluie et de brouillard, de taïga et de toundra, de tourbière et de marais, de torrents et de lacs, d’océan et d’icebergs : le nord boréale tempéré par des affluences maritimes.

Nous goûtons la vie sauvage, comme dans nos rêves, et nos journées sont simplement occupées à se nourrir : de paysage, de pêche au saumons et de cueillette de baies et de moules. Après quatre à cinq heures sur l’eau, nous nous arrêtons sur une plage (de galet si possible, car ils drainent l’eau), collectons du bois, démarrons le feu, montons le camp, pêchons quelques saumons et mangeons pendant des heures, tant la nourriture prend de plus en plus d’importance. Le lendemain nous démonterons, et embarquerons pour de nouveau horizons. Rien de lassant dans tout cela, bien au contraire, chaque jour est différent en fonction du temps, des paysages, de notre état d’esprit…Ceci étant dit, avec le temps, nous décidons d’établir des camps de base pour plusieurs jours afin de pouvoir encore mieux profiter et rayonner en étoile « à la journée ».

Voici quelques moments inoubliable vécues dans nos bateaux, extraits bruts de notre livre de bord quotidien :

Le plaisir de naviguer

l'Alaska en kayak de mer

« Un pied, deux pied, et nous revoilà parti dans nos barques-à-bonheur, lieu de convivialité grandissante et de bonheur. Rien d’autre à faire, juste pagayer (comme dit la chanson), et profiter. Lieux de réflexion, de tranquillité, d’échange et de discutions poignantes entre copains ou entre frères ; les frangins se retrouvent peu à peu échangeant des idées, des souvenirs, des impressions, mettant notre sensibilité de sagittaire à fleur de peau, ça et là, par des larmes de joie ou ,tout au moins, de langoureux picotements de nez…Revenons à nos moutons, nous glissons doucement sur l’eau, bientôt torse- nus, léchés par un vent rafraîchissant ce soleil de plomb ; cap sur Cascade bay ! »

« Nous continuons notre ballade aquatique au milieu de cet archipel d’îles côtières en cherchant un chemin, notre chemin ! Avec Ben, comme orientateur, la ballade pourrait être longue, mais nous atteignons tout de même Jewel point, et le moment et venu de prendre le large, traversé le fjord, pour rejoindre notre plage de chute »

Cette rencontre avec une baleine

« Aujourd’hui, le temps fait des caprices, il pleut dur! Il faut dire que jusque lors, nous avons vraiment été gâté. Alors que nous avons calculé (depuis la France), en fonction de notre périple et de la saison entre 80 et 85 % de journée de pluie, la réalité est plus proche de 20 à 25 %. Nous apprendrons de retour en France que la sécheresse a frappé sévèrement en Europe, et plusieurs rencontres avec des alaskiens, nous avaient appris qu’ils n’avaient jamais connu un été si clément.
Le mauvais temps est rare, c’est l’occasion de rencontre fortuite.

Aujourd’hui nous avons croisée la route d’une baleine à bosse. Apparemment notre arrivée dans la petite baie, dans laquelle elle chasse, ne la perturbe pas. Elle fait des apparitions assez régulières accompagnées d’un puissant soufflement qui nous fait à la fois vibrer et frémir. Ce cétacé de 15 mètres de long pour environ 25 tonnes pourrait cassé notre bateau en un petit coup de queue ou de nageoire. Au début, nous pensons que le kayak de mer est une approche tellement discrète et douce, qu’elle ne nous a, peut être, même pas remarquée. Mais l’excitation est trop forte et elle prend rapidement le dessus sur nos peurs la raison.

Nous tentons de prévoir ses sorties pour, chaque fois, être le plus proche possible du spectacle : Où va-t-elle sortir ? Quand ? A quelle distance ? … les attentes sont riches en adrénaline… Deux fois , elle sort entre 15 et 20 mètres de nous : sa tête, son dos, ses longues nageoires pectorales, puis sa large queue, tout cela dans un fracas d’air et un nuage de bruine ; elle nous fait des vagues au cœur et aux kayaks d’ailleurs.
Cette rencontre privilégiée dure en vingtaine de minutes et les apparitions de plus en plus espacées nous engourdissent quelque peu ; il nous faut partir, continuer notre route, les têtes gelées, mais pleines d’émotions, d’images, , d’instants… ».

 

 

 

                 
 
 
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