Une halte à Ster Wenn en Triaskell
(ou Quand 2 hommes à la manœuvre n’en valent pas trois)
Après un nuit au Palais à attendre un équipier qui ne viendra pas, nous décidons d’aller passer la nuit à Ster Wenn, ce qui se traduit approximativement par « paradis » dans nos esprits rêveurs .
Nous voila donc partis toutes voiles dehors (c'est-à-dire foc, trinquette, grand-voile, artimon et flèche) par 15 nœuds de vent. Au passage, nous saluons Sauzon où nous aimons bien aller s’échouer dans l’arrière port pour déguster des coquillages farcis.
Après avoir contourné les poulains, nous repérons aisément l’entrée de Ster Vraz avec sa plage au fond. En s’avançant, on découvre alors sur tribord l’entré de Ster Wenn. Un bateau est déjà au mouillage.
Nous nous avançons au milieu de l’anse pour jeter l’ancre : première erreur mais nous ne le savons pas encore…
L’un est à la barre et au moteur tandis que l’autre contrôle la descente de l’encre. Une fois l’ancre au fond, il faut aller porter une amarre à terre sur la rive Est avec l’annexe mais le temps de mettre l’annexe à l’eau, le bateau tourne poussé par le vent d’Est sur les rochers de la rive Ouest, tellement le passage est étroit. Après plusieurs tentatives infructueuses où nous regrettons l’absence de notre troisième équipier, nous venons à couple du bateau déjà mouillé. Là nous avons le temps de porter l’amarre puis de remonter sur la chaine d’ancre pour se décaler du bateau mouillé.
Une fois bien amarrés, nous profitons enfin de cette halte magique, qui semble au bout du monde. Ici, le téléphone ne fonctionne pas, le havre est beau et sauvage.
Un pêcheur de passage nous fourni notre repas du soir avec un chinchard géant d’au moins 3 kg dont nous levons les filets pour cuire au court bouillon. Dans la soirée, le vent tourne au nord et se lève brutalement. Notre bateau se rapproche alors dangereusement des bateaux voisins. L’amarre arrière tire en travers pas rapport au vent et ne retient pas correctement la poupe du bateau tandis qu’à la proue, la chaine devait être un peu en tas et avec le vent, cette chaine c’est tendue. Il aurait fallu pour mouiller raser les rochers de la rive Ouest pour étaler plus de chaine. Nous tirons une deuxième aussière à terre, perpendiculairement à l’axe du bateau, pour mieux le retenir contre le vent. Comme l’ancre a bien croché, on remonte juste un peu de chaine pour s’éloigner des bateaux voisins.
Dans la nuit, il y a aura un peu d’agitation sur ces bateaux à couple puisque avec le vent de nord, le plan d’eau commençait à bouger et les barres de flèches se sont entrechoquées.
Le lendemain matin, en regardant par les hublots vers la Ster Vraz, les vagues déferlent avec la houle d’ouest qui rentre. Petit moment d’inquiétude jusqu’à ce qu’on voit un pêcheur en barque à rame traverser ces vagues. Ce n’était qu’une illusion d’optique quand on est au raz de l’eau : la houle entre mais ne déferle que sur les cotés. Nous ressortons en mer par une houle de 2m à cet endroit peu profond, content de notre escale « du bout du monde ».
Gérard S.
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