Essais comparatifs kayaks : Catchiky et Kialivak

Je suis pleinement satisfait de mon vieux Catchiky fabriqué par PLASMOR (un tour complet de la Bretagne en 24 jours cela crée des liens avec sa monture), néanmoins, curieux et ouvert à la découverte d’un nouveau modèle, l’essai du Kialivak m’a fait découvrir un kayak plein de promesses.

comparatif-kialivak-catchikyAllure générale élancée du premier coup d’oeil, manifestement nous sommes en présence d’un kayak aux lignes tendues.

Prise de contact : l’hiloire en trou de serrure facilite l’entrée dans le cokpit, le calage des cuisses est instinctif sous le rebord de l’hiloire, facile, correct malgré l’absence de mousses de calage. L’hiloire en trou de serrure supprime l’habituelle table à carte que j’aime avoir devant moi avec le tout aussi utile filet de pont, mais bon c’est pas facile d’avoir le beurre l’argent du beurre et le sourire de la crémière, de plus c’est pas difficile d’adapter un système fixant le porte carte au dessus de la jupe.

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La hauteur du pont semble être un bon compromis entre la prise au vent, le confort des jambes, le volume global (point important quand la mer est forte).

Je me sens confortablement installé, l’œil est instantanément séduit par la ligne et l’esthétique du pont avant (c’est important de ne pas trouver moche son kayak). Je ne suis pas du tout un fan des kayaks instables à l’arrêt, avec le kialivak je ne ressens pas de déséquilibre particulier (par rapport à mes repères habituels).

C’est parti !

comparatif-kialivak-catchiky-cap-nordToujours dans le domaine des « sensations relatives », j’ai l’impression que le kialivak avance facilement et qu’il demande moins d’efforts que mon Catchiky pour avancer à la vitesse du groupe, comme pressenti, en appuyant plus fort sur les pagaies je vais plus vite et dépasse facilement le groupe.

Mes observateurs extérieurs (Laurent et Josée) notent qu’il n’y a pas formation de la vague d’étrave, cette fameuse vague qui limite la vitesse des kayaks. Ils notent également la grande longueur mouillée, indice d’un bon potentiel de vitesse (obtenu souvent au détriment de la manoeuvrabilité, exemple l’effet « poutre » du Barzoï). Bonne nouvelle, la manoeuvrabilité du Kialivak, dérive relevée reste tout à fait satisfaisante.

Une randonnée signifie souvent la rencontre de conditions de mer diverses et variées. Durant ces 3 jours nous avons eu du vent fort et du courant mais pas de mer forte pour la bonne raison que nous avons limité notre bassin de navigation au Golfe du Morbihan. Dans ces conditions nous n’avons trouvé que du bon dans les divers comportements du Kialivak.

Le Kialivak est séducteur par sa vélocité, en appuyant fort sur les pagaies il y a un vrai gain de vitesse. Sympa pour les gros bras qui verront leurs efforts récompensés, mais c’est surtout, à mon avis, dans le cadre d’une longue randonnée un potentiel distance quotidienne / efforts amélioré.

Jusque là encore et toujours du bon, j’aimerais trouver une explication qui me satisfasse.

C’est l’observation à terre des « anatomies » comparées du Kialivak et du Catchiky posés côte à côte, coques retournées qui fournit la clef.

Une constatation s’impose d’elle-même : les pointes du Catchiky sont pincées, elles se resserrent plus vite que celles du Kialivak. Instinctivement sans être expert en carène de bateaux, j’ai envie de dire que ce pincement provoque une cassure perturbant l’écoulement naturel de l’eau, c’est comme si la pointe avant du Catchiky est « maigre » par comparaison à la carène du Kialivak, qui, avec une carène plus logique, plus harmonieuse lui confère une pointe plus…« en chair ».
Aïe…Aïe…ça me fait mal de découvrir que la carène du Kialivak est bien meilleure que celle du Catchiky, que vais-je devenir ? Soit j’oublie le Kialivak, soit je craque !

L’indétrônable Catchiky, souvent reconnu comme un kayak génialement marin grâce à son excellent passage dans les mers formées a été shapé (sculpté) à la main, avec la dose d’intuition que cela implique dans sa réalisation (merci à Loïc en espérant que je ne vais pas le faire hurler avec mes propos). Le Kialivak, lui, a été calculé comme un bateau moderne, cette différence est fondamentale et fait toute la différence !

Notre test s’est appuyé sur 3 jours de randonnée, avec certes des conditions variées mais il manque tout de même nos impressions dans les mers fortes, celles que l’on rencontre rarement mais qui confirment la première qualité demandée : manœuvrabilité et fiabilité dans le mauvais temps. Cette aptitude dans le gros temps reste à démontrer mais le fait qu’il soit résolument ardent, doté d’une efficace dérive réglable, doté un bon volume et d’une bonne stabilité initiale laisse présager qu’il sera également bon dans ces conditions.

Côté pratique le plan de pont prévoit à l’avant une trappe ronde et à l’arrière une trappe ovale et une trappe ronde déportée accessible du cockpit. C’est le plan de pont classique qui s’est imposé aujourd’hui.

En guise de conclusion, le Kialivak kayak doté d’une carène résolument moderne parce que calculée, offrira un plus indiscutable aux pagayeurs recherchant un kayak de randonnée rapide ne sacrifiant ni à la stabilité ni à la manœuvrabilité. Pour le pagayeur au long cours ce sera moins d’efforts avec au final plus de milles parcourus.

Vous allez peut être penser que je ne suis pas objectif, mais vous aurez tort, pour le vérifier essayez le vous-même !

Jean – Marc JANVIER