Une semaine dans le Golfe du Morbihan en Triaskell

Aujourd’hui, samedi 14 avril nous avons rendez vous avec Yann au port d’Arradon pour la prise en main du Triaskell.

Ceci afin de naviguer une semaine en famille avec Fany ma femme enceinte de 7 mois, Maëlys 12 ans et Zoï une copine de notre fille. C’est pour nous une première ; nous sommes novices en ce qui concerne la voile habitable et nous avons comme projet de faire route vers Belle-Île.
Le briefing de Yann est précis et nous essayons de retenir toutes les infos. Tout y passe, de la vache à eau pour la cuisine et la SDB en passant par les WC chimiques, les rangements, l’électricité, le GPS sondeur, le moteur In-bord. Puis nous passons à l’extérieur du bateau détachons les amarres pour des explications sur l’utilisation des voiles.
Première bonne surprise, je quitte le ponton au moteur et découvre un bateau très réactif et très maniable pour un bi-quille de près de 9 mètres et de 3 tonnes. Yann nous explique comment monter la grand voile, notamment avec l’utilisation du winch pour hisser la vergue. Les voiles bordeaux se gonflent et l’excitation monte. Je suis pressé de débarquer Yann et de me retrouver en famille sur le bateau.

Il est déjà 17h00 et nous décidons de faire un petit tour dans le golfe, histoire de se familiariser avec le « Nautic ». Nous revenons au mouillage dans le port d’Arradon pour y passer la nuit. La deuxième bonne surprise est l’habitabilité du bateau. Il y a de l’espace pour vivre, cuisiner et de nombreux rangements. Nous utilisons donc cette première soirée pour nous organiser et ranger à la fois les vêtements, les vivres, mais aussi les affaires de pêche sous marine, de vidéos, de toilette. Tout rentre et il reste des coffres libres, impressionnant !!!

Après une première nuit calme mais un peu fraiche, et un petit déjeuner sans beurre au grand dam de Zoï, nous prenons la direction de Locmariaquer. Une bonne brise nous permet de naviguer à la voile, nous avons pris 2 ris. Un léger stress envahit le bateau lorsque nous passons à la voile l’île de la Jument. Pour corser le tout nous sommes au milieu d’une régate. Un moment fort en émotion, se faire doubler par des voiliers sous spi dans une passe si étroite, nous ne sommes pas prêt d’oublier.
Nous passons notre deuxième nuit à Locmariaquer. Le matin je vais chercher croissants et journaux pour réveiller en douceur l’équipage. La nuit a encore été très fraiche et pour citer le journal de bord de Maëlys : « Après avoir été réveillé à 8h00 tapante pour quelques croissants, nous avons découvert que la vase avait pris le dessus sur la mer et que nous étions sur nos quilles ! » La météo pour la semaine est tellement mauvaise que nous tirons un trait sur Belle-Île. Alors nous allons profiter de cette fenêtre météo pour sortir du golfe et se rendre à l’Ile de Méaban. C’est donc à la voile que nous sortons du golfe, nous sommes déjà plus à l’aise pour naviguer à la voile si bien que les filles se mettent à la pêche à la traine. Nous mouillons aux abords de l’île, le spacieux carré arrière me permet de m’équiper aisément avec ma combinaison de chasse-sous-marine, quel changement par rapport à un zodiac ou un hors-bord de 6 mètres.

Je chasse pendant 2 heures dans une eau à 14° avec un fort courant. La visibilité est bonne, je me régale, heureux de pouvoir enfin tremper mes palmes grâce à cette accalmie. Je ne croise que quelques vieilles, tant pis pour le repas tant mieux pour les poissons !
Les filles jouent dans l’annexe, elles pêchent à la ligne, se tractent, rigolent, que du bonheur, quand à Fany, elle surveille sa petite famille du coin de l’œil tout en bouquinant.
Pour le lendemain la météo a émis un bulletin spécial, nous décidons donc de nous mettre à l’abri à Port Navalo. La capitainerie nous place sur une bouée « professionnelle »… Le corps mort est situé juste derrière la jetée, et le vent associé au fort courant et contre courant nous fais passer une très mauvaise nuit. Je me lève à plusieurs reprises car des bruits nouveaux m’inquiètent. Tout est ok sur le pont, par contre aucun bateau n’est dans le même sens !

Après cette nuit décousue, nous retournons à Arradon pour embarquer les parents de Zoï et sa petite sœur Nina, nous nous retrouvons à 4 adultes et 3 enfants, mais le volume du bateau et son habitabilité nous permettent de passer une super journée entre amis avec une escale sur l’île aux Moines afin de visiter l’ile. Le vent souffle toujours très fort, trop fort.
Après une bonne nuit bien abrité à Arradon , nous naviguons vers Auray. La première partie de navigation se fait à la voile, puis nous remontons la rivière au moteur. Aux éclaircies succèdent des averses ; la timonerie abritée me permet de barrer au sec tout en profitant à la fois des enfants et de Fany mais aussi des magnifiques paysages qui jaillissent à chaque courbe de la rivière. Des maisons demeures ou petit château bordent les berges de l’Auray, un régal pour les yeux.
Nous découvrons une très jolie ville, à la fois par sa configuration mais aussi par le cachet de ses rues piétonnes. Nous avons pu y découvrir toutes sortes de belles boutiques et profitons du mauvais temps pour faire un ciné. Le soir, nous fêtons les 40 ans de Fany, avec cidre rosé (elle est toujours enceinte de 7 mois) et des bougies sur un kouing amann. C’est la fête sur le « Nautic ».

Après une nuit très calme, retour vers Arradon en passant par l’ïle d’Arz. Nous profitons d’une météo plus clémente pour naviguer dans le golfe à la voile, mais de belles risées nous donnent de belles sensations en faisant giter le bateau. La grande stabilité du bateau gomme nos erreurs de débutants navigateurs.
Retour au point de départ, nous vidons le bateau et les filles lavent le pont à grande eau en attendant Yann.
Cette semaine de navigation a été très sympa, nous y avons vécu de jolis instants. Le volume du bateau a permis de compenser le mauvais temps, nous pouvions à la fois faire de jeux de société, lire ou nous reposer sans gêner l’autre. Le Triaskell est très facile à prendre en main, et naviguer à la voile est un réel plaisir même pour des novices. Son faible tirant d’eau est aussi un atout pour naviguer en sécurité et s’approcher de la côte.
Un grand merci à Plasmor, pour la qualité et l’esprit de votre voilier. J’étais déjà conquis par vos kayaks.

Philippe D.

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