La voile légère pour la navigation sur lac.

AVELIG AU LAC

Après avoir revendu Glazagwen, mon mini croiseur Trotter de 1965, je suis revenu à mes premières amours : la voile légère. Mon choix s’est porté sur un Little Skellig, du chantier Plasmor à Vannes dans le Morbihan. Premiers bords, premières impressions…

La voile légère

La voile légère : facilité de mise à l’eau, facilité de transport…

Samedi 2 octobre, après une nuit réparatrice chez nos amis du Croisic, nous déroulons avec eux les 80 kilomètres qui nous séparent encore de Vannes, sous un déluge à ne pas mettre un dériveur dehors… Comment dit-on déjà « drache infernale que t’es mouillé même jusqu’à ton slip Petit Bateau » en Breton ? Peu importe… À l’arrivée au chantier Plasmor, nous sommes très heureusement et chaleureusement accueillis par Eddie Mithois, le spécialiste maison. Le petit Skellig est là, tout beau tout neuf, qui nous attend pour le retour vers le Croisic et le premier d’une longue série d’allègres baptêmes…

Petit deriveur Little Skellig

Petit deriveur Little Skellig

Quelques centaines de kilomètres vers la Belgique, quelques jours et quelques litres de diverses boissons baptismales et pétillantes plus tard, Avelig fait sa joyeuse entrée sur le Lac de la Plate Taille ! Oui, depuis son départ de chez Plasmor, le p’tit nouveau s’est trouvé un prénom. Ce sera « Avelig », ce qui en Breton veut dire « Petite brise »… Nous sommes le dimanche 10 octobre 2010. Une journée magnifique. Il y a du soleil. Il y a du vent. Au moins force 12 ! Ou alors, un truc plus modeste genre rafales à 4 ou 5, mais sympa quand même… Et c’est parti, avec l’ami Xavier enrhumé et ravi, pour les premiers bords du gamin, sous l’œil photographique – ému mais teinté d’une souriante commisération – de ma femme Florence qui, de la mer, aime surtout la vue et les fruits, et que la navigation lacustre n’inspire guère plus.

Deriveur pour la navigation sur lac

Deriveur pour la navigation sur lac

Simplicité et voile à l’ancienne

Benjamin de la série devant son nom aux îles irlandaises qui servirent de modèle à Hergé pour l’Ile noire, le dériveur Little Skellig est aisément reconnaissable à sa grand voile au tiers, de couleur tan, et à son foc sur bout-dehors. Little, il l’est assurément, sa longueur hors tout ne dépassant pas 4,20 m. Particularité de ce bateau spécialiste du rase-cailloux et de la randonnée nautique, au tirant d’eau d’à peine 10 cm : il peut à la fois procurer de très sportives sensations et être extrêmement rassurant. Avec son 1,76 m de largeur, il est, c’est le cas de le dire, de stabilité exceptionnelle.

Esthétique de voile à l’ancienne, stabilité, facilité de mise à l’eau, facilité de transport pour les excursions à la mer… autant d’éléments qui m’ont séduit à l’heure du choix. Mais il en est un autre qui a beaucoup compté lui aussi : ce petit voilier est simplissime, voire carrément dépouillé (ce qui explique d’ailleurs que son prix, remorque routière comprise, soit inférieur à celui d’un Laser standard). Un mat léger sans haubanage, juste glissé presque à une main dans l’emplanture par l’étambrai, une dérive sabre, une coque en stratifié polyester… Plus simple que ça, c’est une planche à voile ou un maillot de bain.

Le dériveur de Plasmor

Le dériveur de Plasmor

Bon, soyons honnêtes, pour le confort du barreur, surtout s’il est souvent solitaire et qu’il aime les conditions musclées, quelques aménagements supplémentaires ont quand même été nécessaires : poulie coinceuse et démultiplicatrice pour l’écoute de grand voile, taquets coinceurs pour le foc, ajout d’une girouette en tête de mât… Du basique mais du bien utile, et qui n’a pas franchement explosé mon budget.

Au bilan : un vrai bonheur ! Bien sûr, il n’est pas dit qu’un jour je ne reviendrai pas vers les mini croiseurs ou à l’inverse – qui sait ? – vers une voile légère carrément plus sportive. La vie est trop longue pour ne s’amuser qu’avec un seul bateau… Mais aujourd’hui, et sans doute pour un bon bout de temps, je suis totalement sous le charme de l’attachant petit frère des Skellig 1 et 2, eux-mêmes turbulents neveux du grand tonton Triaskell, vaisseau amiral débonnaire et hauturier du chantier Plasmor.

Nicolas V.