Kayakafrica : expédition au Sénégal

Kayakafrika : L’aventure sénégalaise.

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Voici déjà 2 ans, Xavier entreprenait le tour de l’Afrique à bord d’un kayak de mer. Parti de Gibraltar en juillet 2004, après les côtes marocaines, mauritaniennes, la descente du fleuve Sénégal, il a atteint, cet été, les eaux des estuaires du Sud du Sénégal. L’aventure humaine ici prend tout son sens.

Le but de Kayakafrika est de dresser un portrait des populations vivant de la mer en Afrique. La démarche concerne également la relation de l’homme au milieu marin dans des approches aussi différentes que la pêche, l’organisation sociale, les croyances, la pollution, l’impact humain sur le milieu, les initiatives communautaires de conservation et de protection des ressources marines.

Un kayak dans la mangrove
L’entrée du delta du Saloum se situe à une semaine de kayak de Dakar, la capitale sénégalaise. Progressivement les villages se font de plus en plus espacés sur le littoral.
La mer devient également plus calme à mesure qu’on progresse vers le Sud. Les déferlantes de la passe de Djifer et la pointe de Sangomar annoncent le début des bolons et l’eau calme. La difficulté ici reste de gérer les marées et les zones découvertes à marée basse et aussi de trouver des lieux d’accostage dans une nature luxuriante et inondée.

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Passé trois mois de saison des pluies dans la mangrove sénégalaise reste une expérience inoubliable. Mais mieux vaut disposer de tout ce qu’il faut pour être autonome.

Au sud du Sénégal, un vaste delta incroyablement vert dans un pays du Sahel, c’est le Delta du Saloum. En fait, il s’agit d’un delta à l’envers. Un estuaire envahi par l’eau de mer. Celle-ci augmente considérablement en salinité. La mer pénètre les terres sous forme de bolons, des bras de mer subissant les marées. Des bancs de sable encombrent les méandres. Des centaines d’îles composent ce vaste territoire principalement occupé par une mangrove impénétrable.

La profusion de végétation masquant les berges, abrite une faune étonnamment riche dans un environnement devenu marin. On y croise des poissons qui grimpent le long des racines aériennes des palétuviers. Toutes sortes de crabes et de mollusques. Des poissons de toutes tailles et leurs prédateurs. Parmi lesquels des dauphins, des requins, des oiseaux de proie… Il a aussi les nombreux oiseaux migrateurs et aquatiques qui peuplent les branches au feuillage vivace des plantes et arbres aquatiques. Ce lieu offre à la fois la richesse en aliment et la protection d’une nature inextricable. Nombreuses espèces de poissons viennent s’y reproduire ou s’engraisser avant de reprendre leurs migrations marines.
Cette profusion de vie permet à une population clairsemée de se nourrir et de diversifier ses revenus.

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Parmi les pêcheurs, on compte des Sérères, des Mandés et des Lebou venus du Nord du Sénégal. Ils vivent sur des îles ou à la limite de la mangrove. Leurs cases traditionnelles sont faites de paille tressée. Leurs lourdes pirogues en bois sillonnent les bolons à la recherche des mulets, des mérous, des baracoudas… Ils pêchent soit au filet, soit à la ligne et sortent souvent en mer pour plusieurs jours.

Les femmes sortent à marée basse vers les vasières pour récolter des coques qu’elles vendent traitent ensuite au village. Nettoyage, sélection, cuisson, décorticage, séchage au soleil, mis en sacs et transport vers les marchés où la plus-value permet d’acquérir les biens de consommation.
Lorsqu’elles ne récoltent pas ou ne traitent pas les coquillages ou les huîtres, elles gagnent, à bord de leur pirogue, leurs champs dans les îles où elles font pousser du manioc, du maïs, du mil, de l’ibiscus et des arachides.

L’Afrique et la Mer
Une première exposition, résultat des trois années d’activité de terrain, sera présentée à l’Aquarium de Paris, Porte Dorée à l’automne 2007. Il s’agit d’une première rétrospective de l’approche ethnographique menée le long des côtes du Maroc, de Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie. L’exposition proposera une découverte des différents biotopes marins, de la diversité culturelle des populations de pêcheurs, des enjeux environnementaux à l’aide d’objets, de vidéo et de nombreuses illustrations en grand format.
Une publication est également prévue.

Appel à participation, une occasion unique de vivre l’aventure humaine
Xavier cherche des coéquipiers pour l’aider dans les récoltes d’informations destinées à mettre sur pied les expositions à venir. Kayakafrika s’est doté d’une base flottante au Sénégal. Un catamaran habitable qui permet d’être autonome dans les bolons et les larges estuaires du Siné Saloum, de la Gambie et de la Casamance. Il s’agit d’un bateau équipé qui offre la possibilité de découvrir des lieux difficiles d’accès, où planter sa tente est impossible. Il sera utilisé pour explorer les estuaires durant les mois à venir.

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En près de 3 ans, Xavier a utilisé un Bélouga II, un Bélouga I à voile, un Bélouga II Grand Raid de 6,5 m à voile. Il naviguera prochainement sur un Bélouga pélikan pour l’exploration des estuaires.

Pour tous renseignements : contactez Xavier Van der Stappen
Voir le site : www.cultures-com.org
Voir le site de l’exposition : www.senegal-la-mer.org
Crédit photo : Xavier van der Stappen

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