Kayakafrika : Expédition kayak de mer au maroc

Lancé dans la circumnavigation de l’Afrique, Xavier Van der Stappen a débuté son périple dans des eaux parmi les moins favorables du continent. Première étape : le Maroc, avec des centaines de kilomètres de côtes balayées par l’océan, les courants froids, le vent et le sable du désert. Mais le Maroc c’est aussi un accueil sans retenue, un peuple humble et généreux.

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L’océan règne en maître

L’océan est bien là, avec sa puissance et ses humeurs. Les matins brumeux sont légions. Les coups de vent aussi. Les vagues de 2,5 font le quotidien. Pagayer sans jupe est de l’ordre de l’impossible. Il faut vraiment être bien avec Neptune et contacter régulièrement la météo pour ne pas vivre l¹enfer !

La passe D’Oualidia est très étroite et encombrée de rochers qui disparaissent entre les vagues. Des vagues irrégulières avec des creux de deux mètres. Cela fait huit heures que nous pagayons en longeant des falaises avec l’impossibilité de mettre pied à terre. Ce passage représente notre seul espoir d’atteindre le rivage sans casse. Devant, il y a plus de 60 kilomètres d’une côte déchiquetée aux récifs frappés par les longs rouleaux de l’Atlantique. Nous devons atterrir.

Par chance, nous passons, grâce à la marrée montante. Après la passe, l’eau devient plus calme mais les rouleaux demeurent sur plusieurs centaines de mètres nous obligeant à longer dangereusement les rochers noirs dont on ne voit pas toute l’étendue.
Echoué enfin sur la plage, nous nous félicitons d’en être sortis, frigorifiés sous 35c° entre les badauds décrivant avec de grands gestes l’équipement du kayak.

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La mer ne nous a pas fait de cadeau malgré que le courant et la houle nous portent quelque peu dans le bon sens, toujours vers le sud. L’après-midi, par contre, un fort vent de terre nous empêche toute navigation. Le premier jour, dans les rouleaux des premières plages nous brisons le gouvernail. Le second jour, c’est un bateau de pêcheur qui nous aide à passer la barre qui passe sur celui-ci le tordant jusqu’à l’arracher. Les réparations ont ceci de positif que nous passons de longs moments avec les pêcheurs saisonniers. Car ici la mer n’offre que trois mois de répit à leurs frêles embarcations. Les endroits à l’abri ne sont pas légion. Les kilomètres de falaises ininterrompues cèdent la place aux plages trop courtes et pentues où s’abattent en fracas les rouleaux puissants. Ceux-ci démarrent parfois au large, à cause des hauts fonds très nombreux sur cette partie de la côte. Il faut alors remonter en mer jusqu’à plusieurs kilomètres pour les éviter.

Les hommes et la mer
Les trop rares baies accueillent les milliers de touristes marocains qui découvrent le plaisir de la plage. Un tourisme jeune, excessif qui apporte pollution et dégradation du milieu malgré les campagnes d’informations. Au large, à plus de 4 kilomètres des côtes, les sacs plastiques sont légions au large des agglomérations. Parfois, les grottes et les plages désertes sont jonchées de détritus qui mettront, pour certains, jusqu’à 400 ans pour disparaître. Nous ne pouvons qu¹utiliser une infime partie de ces déchets pour alimenter le feu de camp.
La côte marocaine va sans doute connaître un boum touristique sans précédent. Dans la baie calme d¹Agadir, un complexe de 12000 chambres verra bientôt le jour. Gageons que des efforts seront consentis pour apurer les eaux usées et réduire l¹impact sur le milieu côtier.
Longer le front de mer de Rabat, Casablanca ou El Jadida donne, malheureusement, une image peu reluisante d’une côte bétonnée, polluée d¹un « tout à l’égout » reflet de l’intérêt croissant des hommes pour la course au profit au détriment de sa pérennité et de la qualité de vie. Plus loin, là où la mer le permet, des centaines de mètres de plages s’offrent aux richissimes émirs. Palais des milles et une nuits contrastant avec les bidonvilles des grandes agglomérations où s¹entasse une population qui fuit les campagnes pour l¹eldorado décevant des villes. Mais sommes-nous bien placé pour porter un jugement. En mai dernier, au bout des Calanques parcourues en kayak, des tunnels collectant les égouts de Marseille ne se déversent-ils pas dans la mer empestant sur plusieurs kilomètres maculant une mer loin d’être bleu azur.

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KAYAKAFRIKA est une expédition qui tente de dresser le portrait des peuples vivants de la mer. Le projet a pour but de présenter les enjeux économiques et écologiques ainsi que les interactions entre l¹Homme et le milieu marin.

L’expédition est ouverte à toute personne désireuse de participer au moins 2 semaines à cette approche. Il ne s’agit pas d¹un exploit sportif mais d¹une démarche humaniste ouvert vers les peuples côtiers. Un sens profond du respect des valeurs des autres est requis. Pour tous renseignements : contactez Xavier Van der Strappen

Nous suivons Xavier van der Stappen depuis quelques mois. Il est parti pour un tour d’Afrique en kayak de mer.

2004-05-Kayakafrica-Maroc-livreKayakfrika, c’est aussi une série de livres sur les peuples côtiers d’Afrique.
Image Plus Editions www.imagepluseditions.com

Embarqué à bord d’un belouga 2 spécialement conçu pour son voyage d’études ethnographiques qui durera au moins 4 ans, son objectif est de dresser le portrait des peuples riverains de la mer.

Vous pouvez connaître ses travaux en consultant son site web :www.cultures-com.org
Crédit photo : Xavier van der Stappen

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